L’essentiel, d’après 55 tests
Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.
Ce qui divise les testeurs
- Rapport qualité-prix16 pour, 7 contre
- Accroche hors route6 pour, 6 contre
Ce qui fait consensus
- Dynamisme / retour d'énergie52 pour, 0 contre
- Polyvalence d'allures48 pour, 2 contre
- Confort général50 pour, 0 contre
- Stabilité42 pour, 3 contre
- Accroche sur route41 pour, 1 contre
Le caractère de la chaussure
Ces curseurs ne sont pas des notes : aucun des deux côtés n’est meilleur que l’autre. Ils montrent de quel côté la chaussure penche, selon les testeurs qui en parlent.
Fermeté de la mousse
moelleuxferme19 testeurs sur 37 la placent côté fermeavis partagés
Poids ressenti
lourdléger31 testeurs sur 38 la placent côté léger
Largeur à l'avant-pied
étroitlarge16 testeurs sur 30 la placent côté largeavis partagés
Distance à laquelle la chaussure convient
courtes distanceslongues distances24 testeurs sur 27 la placent côté longues distances
Géométrie du déroulé
platrocker prononcé29 testeurs sur 30 la placent côté rocker prononcé
Fidélité de la pointure
taille petittaille grand5 testeurs sur 6 la placent côté taille petit
Largeur au médio-pied
étroitlargele panel est coupé en deux, 5 contre 5avis partagés
Foulée à laquelle la chaussure convient
talonavant-pied4 testeurs sur 7 la placent côté avant-piedavis partagés
L’Endorphin Speed 4 est une chaussure d’entraînement à plaque, une lame rigide noyée dans la mousse, qui ne se laisse enfermer dans aucune case. Elle sert pour le footing, pour la séance de seuil (une allure soutenue tenue longtemps), pour la sortie longue, et elle peut aussi servir le jour de la course. C’est ce qui a fait la réputation de la gamme, et Saucony n’y a pas touché.
La marque a retravaillé le reste. La plateforme est plus large, la plaque en nylon a été redessinée, la mousse est un peu plus ferme, et le talon ne frotte plus. La chaussure y gagne en stabilité et en vivacité, elle y perd quelques grammes de légèreté et un peu de la douceur qu’on aimait sur la Speed 3.
Les testeurs se séparent surtout sur deux points, et chaque fois pour la même raison : ils ne regardent pas la même partie de la chaussure. Moelleuse ou ferme, large ou étroite, la réponse change selon la zone dont on parle, le talon ou l’avant-pied, le point le plus large du pied ou le bout des orteils. Si vous cherchez une seule paire pour presque toutes vos séances, elle reste une des plus sûres du marché. Si vous avez le pied large à l’avant ou si vous préparez un marathon à allure rapide, lisez ce qui suit avant de l’acheter.
Ce que change la quatrième génération, et pour qui
La nouveauté la plus visible est sous le pied. Saucony a élargi la plateforme au milieu de la chaussure, de 5 mm selon les tests qui donnent le chiffre, et redessiné la plaque en nylon, dont les ailes latérales tiennent désormais mieux le pied en torsion. La géométrie arrondie, que la marque appelle Speedroll, reste le moteur de la chaussure : c’est elle qui fait basculer le pied vers l’avant, bien plus que la plaque.

La mousse porte toujours le même nom, PWRRUN PB, une mousse à base de PEBA, le matériau des chaussures de compétition, mais elle a changé de réglage. Un laboratoire la mesure plus ferme au duromètre que celle de la version précédente, et deux tests chiffrent l’écart à environ 10 %. La fiche annonce 36 mm sous le talon, 28 mm sous l’avant-pied, soit un drop de 8 mm, et 236 g en pointure homme. Un laboratoire relève 14 g de plus que sur la Speed 3, une prise de poids qu’un test attribue à la plateforme élargie.
Le dessus a été refait, et c’est la retouche que les habitués de la gamme saluent le plus volontiers. La Speed 3 avait la réputation de frotter au talon : deux tests qui avaient eu le problème avec elle ne l’ont plus avec la 4. Le mesh est plus fin, et il laisse mieux passer l’air.
Pour qui ça change tout ? Si vous trouviez la Speed 3 trop molle, un peu lâche dans le chaussant ou irritante au talon, la 4 corrige exactement ces trois défauts. Un laboratoire va jusqu’à la juger la plus stable des quatre versions. Si au contraire vous aimiez la Speed 3 pour sa douceur, méfiez-vous : trois tests la jugent toujours préférable pour qui cherche avant tout une semelle tendre.
Confort, vivacité, polyvalence : l’unanimité ou presque
Le confort d’abord, que personne ne prend en défaut, et la respirabilité avec lui. Le mesh plus fin tient ses promesses.
La polyvalence ensuite, qui reste la signature de la chaussure. Presque tous les tests la disent capable de tenir toutes les allures, du footing tranquille à la séance de seuil. Les deux voix discordantes la trouvent surtout désormais taillée pour aller vite plus que pour récupérer.
L’accroche sur route ne prend qu’une réserve, celle d’un testeur échaudé par les gommes de la marque, qui la trouve meilleure qu’avant sans être convaincu. Sur l’asphalte mouillé, la piste détrempée et même la neige tassée, les testeurs qui l’ont essayée n’ont pas glissé. Un test reprochait à la Speed 3 de glisser, et le reproche a disparu.

La stabilité, enfin, est le vrai progrès de cette version. La plateforme plus large et les bords de semelle remontés donnent un appui plus posé. Trois tests seulement émettent une réserve, et chacun vise une situation précise : un virage serré, une mousse jugée trop tendre, une foulée en supination, ce pied qui roule vers l’extérieur. Le maintien du talon ne prend que trois réserves. Deux d’entre elles décrivent un talon un peu ample, qu’il faut serrer au laçage.
Quant au dynamisme, aucun test ne la trouve plate. Une nuance revient pourtant souvent : elle relance, mais elle ne catapulte pas. Les tests qui la comparent aux mousses les plus récentes ou aux chaussures à plaque carbone, les modèles de compétition à lame rigide en fibre de carbone, la trouvent moins rebondissante, et trois d’entre eux jugent sa plaque trop souple pour donner beaucoup de nervosité à l’avant-pied. Vous cherchez l’effet ressort d’une chaussure de compétition ? Il n’est pas ici. Une chaussure vive et naturelle à conduire ? C’est exactement ce qu’elle est.
Moelleuse au talon, ferme sous l’avant-pied
Ici, les tests se coupent en deux : dix-neuf testeurs rangent la mousse du côté ferme, dix-huit du côté moelleux. C’est l’un des écarts les plus serrés de la chaussure, et il tient moins au goût qu’à l’endroit : chaque camp décrit une autre partie de la semelle.
Ceux qui la trouvent moelleuse parlent de ce qu’ils sentent en premier, le talon. Saucony a creusé la mousse à l’arrière, sur le côté extérieur, pour qu’elle s’écrase plus facilement à la réception, et plusieurs tests le remarquent sans avoir besoin qu’on le leur dise : un atterrissage doux, un talon dans lequel on s’enfonce à l’arrêt, une semelle « amusante en descente ». La nouvelle semelle intérieure ajoute à cette impression dès qu’on enfile la chaussure, trois tests le relèvent.
Ceux qui la trouvent ferme parlent de l’avant-pied, là où l’on pousse. Un laboratoire mesure une semelle très ferme à l’avant, et un autre test décrit une sensation de sol nettement présente sous les orteils au-delà d’une heure et demie de course.
Le point de comparaison fait le reste. Face à la Speed 3, la majorité de ceux qui ont couru avec les deux la trouvent plus ferme. Face aux mousses les plus tendres du marché, elle paraît ferme aussi, et un test note qu’elle « n’est pas molle pour une mousse de ce type ». Face à une chaussure d’entraînement classique, elle reste douce. Un dernier facteur s’ajoute, l’allure : un test prévient qu’au ralenti, le toucher peut paraître trop ferme, et que c’est en accélérant qu’elle donne tout.
La foulée recoupe exactement cette ligne. Quatre testeurs destinent la chaussure à une attaque par l’avant-pied, trois à une attaque par le talon. Les deux ont raison, parce que chacun parle d’un autre bénéfice. Le talon est confortable et stable, c’est ce que retiennent ceux qui posent l’arrière du pied. Le retour d’énergie, lui, se sent quand on déroule sur l’avant, et un test prévient que chez un coureur qui reste sur le talon, l’effet s’évapore.
Ce que ça change pour vous : en attaquant du talon, vous trouverez une chaussure douce et stable, sans exploiter tout ce qu’elle sait faire. En posant à plat ou vers l’avant, vous la trouverez plus ferme qu’on ne vous l’a décrite, et plus vive aussi.
Assez de mousse pour aller vite, pas toujours pour aller loin vite
Sur l’amorti, les tests ne se divisent pas : la grande majorité des tests le juge suffisant. Les six réserves méritent pourtant qu’on s’y arrête, parce qu’elles disent presque toutes la même chose. Quatre d’entre elles visent l’avant-pied et les sorties longues courues vite.
Les chiffres vont dans ce sens. Avec 28 mm de mousse sous l’avant-pied, la Speed 4 est plus basse que la plupart des chaussures d’entraînement à plaque qui lui font concurrence, et plus basse que l’Endorphin Pro 4, la version compétition de la gamme. Un testeur raconte la même gêne à l’avant-pied sur ses sorties longues et rapides qu’avec la Speed 3, une gêne qu’il n’a pas connue avec la Pro 4. Un autre situe la limite au-delà d’une heure et demie, quand la sensation de sol devient franchement présente.
Ce qui rend la réserve intéressante, c’est qu’elle ne contredit pas l’usage que les testeurs en font. La plupart la destinent aux longues distances. Plusieurs tests la prennent pour leurs sorties longues à allure d’endurance, sans s’en plaindre. Le problème apparaît quand on cumule les deux : la distance et le rythme, typiquement une préparation marathon avec des blocs à allure cible. Deux tests ajoutent le poids du coureur à l’équation, et conseillent aux gabarits plus lourds de regarder une chaussure plus épaisse.
Vos sorties longues se courent tranquillement et vos séances rapides durent moins d’une heure ? Cette réserve ne vous concerne pas. Pour enchaîner 25 km à allure marathon, essayez une chaussure plus haute sous l’avant-pied avant de trancher.
Une plateforme large, un bout de pied effilé
Seize testeurs trouvent l’avant-pied large, quatorze le trouvent étroit. Là encore, chacun décrit une chaussure réelle, et un laboratoire donne la clé en deux mesures.
Au point le plus large, l’intérieur de la chaussure est plus large que la moyenne. Vers les orteils, il se resserre brutalement, au point que ce même laboratoire la déconseille à qui aime avoir les orteils libres. Selon l’endroit où votre pied est le plus large, vous vivrez l’une ou l’autre chaussure. Deux tests ajoutent un troisième paramètre, la hauteur : le volume au-dessus des orteils est réduit, comme sur une chaussure de compétition, et un pied aux orteils hauts sentira une pression même s’il n’est pas large.
Le profil de ceux qui la trouvent spacieuse le confirme. Deux d’entre eux précisent avoir le pied fin. Chez les pieds larges, les avis se partagent, et un testeur qui avait pourtant constaté l’élargissement par rapport à la version précédente la trouve encore trop étroite pour la porter au-delà du test.
Le milieu du pied, ou médio-pied, divise aussi : cinq testeurs le trouvent large, cinq étroit. Ceux qui le trouvent large parlent surtout de la plateforme en dessous, élargie de 5 mm. Ceux qui le trouvent étroit parlent surtout de la tige, qui serre et tient le pied. Les deux sont vrais : la tige serre, la semelle porte large, et cette combinaison fait une bonne part de sa stabilité.
La pointure est jugée fidèle par la plupart des tests. Trois tests conseillent pourtant la demi-pointure au-dessus si votre avant-pied est fort. Si c’est votre cas, essayez-la avant de la commander, en fin de journée, avec vos chaussettes de course.
Chemin roulant oui, sentier technique non
Hors route, les testeurs se partagent à égalité : six trouvent l’accroche correcte, six non. Ils n’ont pas couru sur le même sol.

Ceux qui s’en satisfont décrivent des chemins de terre compacte, du gravier fin, des allées forestières sèches : des surfaces roulantes, où la gomme de route suffit. Ceux qui la déconseillent parlent de boue, d’herbe mouillée, de gravier meuble ou de sentiers accidentés, et la photo de la semelle montre pourquoi. Les crampons sont à peine marqués, et le centre de la semelle laisse la mousse à nu, un canal où un test signale que de petits cailloux viennent se loger.
La durabilité, elle, rassure : la grande majorité des tests juge la semelle solide. Un testeur qui a passé les 480 km n’y relève qu’une usure minime. Le seul point de faiblesse est localisé. Sur le bord extérieur du talon, la gomme s’arrête quelques millimètres avant le bord de la mousse, et quatre tests préviennent qu’un coureur qui attaque du talon verra cette zone s’user plus vite, sans que ça change le comportement de la chaussure.
Si vos sorties passent par un parc ou un chemin de halage, rien ne vous empêche de la garder. Si elles passent par un vrai sentier, prenez une autre paire.
Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas
Elle est faite pour vous si vous voulez une paire qui couvre presque toute votre semaine, du footing à la séance au seuil, et qui peut aussi vous accompagner en course sur 10 km ou sur semi. Elle l’est encore plus si vous courez à allure soutenue en posant à plat ou vers l’avant, et si la Speed 3 vous paraissait trop molle.
Elle ne l’est pas si vous avez l’avant-pied large ou les orteils hauts sans pouvoir l’essayer avant, si vous cherchez l’effet ressort d’une chaussure de compétition, ou si votre objectif est un marathon couru vite, où l’avant-pied manquera de mousse sur la fin. Pour vos footings de récupération, une chaussure plus tendre fera mieux.
Côté prix, comptez 180 € au catalogue. Seize tests le jugent justifié, sept le trouvent élevé. Là encore, le point de comparaison décide. Ceux qui la trouvent chère la regardent comme une chaussure d’entraînement, et à ce titre elle est en haut de la fourchette. Ceux qui la trouvent avantageuse la comparent aux chaussures à plaque carbone, dont elle offre une bonne partie des sensations pour moins cher, avec une semelle qui dure plus longtemps. Si elle remplace deux paires dans votre placard, le calcul penche nettement de son côté.
Le détail, dimension par dimension
Voir les 12 dimensions comptées, dont 2 qui font débat
- 100
Dynamisme / retour d'énergie
52 pour · 0 contre · 3 sans avis tranché
- 96
Polyvalence d'allures
48 pour · 2 contre · 2 sans avis tranché
- 100
Confort général
50 pour · 0 contre · 2 sans avis tranché
- 93
Stabilité
42 pour · 3 contre · 4 sans avis tranché
- 98
Accroche sur route
41 pour · 1 contre · 1 sans avis tranché
- 84
Quantité d'amorti
32 pour · 6 contre · 4 sans avis tranché
- 100
Respirabilité
35 pour · 0 contre
- 91
Maintien du talon
32 pour · 3 contre
- 90
Durabilité de la semelle externe
27 pour · 3 contre · 2 sans avis tranché
- 70
Rapport qualité-prixavis partagés
16 pour · 7 contre · 3 sans avis tranché
- 50
Accroche hors routeavis partagés
6 pour · 6 contre · 4 sans avis tranché
- 100
Protection des articulations
11 pour · 0 contre
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Nous avons lu 55 tests publiés sur cette chaussure et compté ce qu’ils en disent, dimension par dimension. Zéro paire offerte.
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