L’essentiel, d’après 60 tests
Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.
Ce qui divise les testeurs
- Confort au poignet et légèreté27 pour, 9 contre
- Rapport qualité-prix17 pour, 18 contre
- Fonctions connectées18 pour, 9 contre
- Application et logiciel18 pour, 10 contre
- Simplicité d'utilisation8 pour, 10 contre
Ce qui fait consensus
- Autonomie50 pour, 5 contre
- Lisibilité de l'écran51 pour, 3 contre
- Pertinence des données d'entraînement38 pour, 3 contre
- Ergonomie des commandes33 pour, 6 contre
- Précision du GPS37 pour, 1 contre
L’Epix Pro (Gen 2) est la montre outdoor haut de gamme de Garmin, dans sa version à écran AMOLED, un écran lumineux et coloré comme celui d’un smartphone. Elle reprend le logiciel et les cartes de la Fenix 7 Pro, et son GPS multibande, qui capte deux fréquences satellites pour garder une trace juste entre les immeubles et sous les arbres. Elle remplace en revanche l’écran à mémoire de pixels (MIP) de la Fenix, plus terne mais très lisible au soleil et très économe, et ajoute une lampe torche intégrée et trois tailles de boîtier : 42, 47 et 51 mm. Garmin annonce jusqu’à 30 heures de GPS seul pour le 47 mm, et l’a lancée en 2023 à partir de 949,99 €.
Sur l’essentiel, elle ne se discute pas. Le GPS est juste, les cartes sont un vrai outil de navigation, l’écran est superbe, et l’autonomie surprend pour un AMOLED, surtout en 51 mm.
Les testeurs se séparent ailleurs. Sur la prise en main, qui dépend surtout de la montre que vous portiez avant. Sur ses fonctions de montre connectée, jugées complètes par ceux qui la comparent à d’autres montres de sport et maigres par ceux qui la comparent à une Apple Watch. Sur un logiciel que Garmin ne fait plus évoluer depuis l’arrivée de la Fenix 8. Et la nuit, son épaisseur et son suivi du sommeil déçoivent une partie des tests. Si vous voulez une montre d’entraînement et de navigation complète, avec un écran que vous aurez plaisir à regarder, elle reste l’une des plus abouties. Si vous cherchez une smartwatch qui fait aussi du sport, ou les dernières fonctions de Garmin, lisez la suite.
Ce que la Pro ajoute à l’Epix, et pourquoi la taille compte plus que l’édition
L’Epix Gen 2 sans « Pro », sortie en 2022, n’existait qu’en 47 mm. La Pro garde son écran et son logiciel, et ajoute trois choses : une lampe torche à LED dans le haut du boîtier, un nouveau capteur cardio, et le choix entre trois tailles.
La lampe est la nouveauté que les tests adoptent le plus volontiers. Un testeur l’a gardée allumée une heure en mode rouge, GPS actif, pour courir de nuit en ville, sans que la batterie en souffre. Un autre prévient qu’utilisée longtemps, elle peut vider la montre, et la réserve à des sorties d’hiver en fin de journée.
Le nouveau capteur cardio est un progrès plus discret. Un testeur qui l’a longuement comparé à celui de l’Epix Gen 2, les deux montres portées ensemble, trouve la précision très comparable. Et plusieurs fonctions logicielles lancées avec la Pro ont ensuite été ajoutées à l’Epix Gen 2 par une mise à jour, ce qui réduit l’écart entre les deux montres à ce que l’on voit sur le boîtier.
La vraie décision est donc la taille. Le 51 mm embarque une batterie plus grosse, et c’est lui qui donne à l’Epix Pro sa réputation d’endurance : un testeur le recharge tous les neuf ou dix jours. En contrepartie, c’est un gros objet. Plusieurs tests préviennent qu’il ne conviendra pas à tous les poignets, et l’un d’eux y renonce malgré l’autonomie, faute de place. Le 42 mm est l’option des poignets fins, au prix d’une batterie plus petite. Le 47 mm se situe entre les deux. Le 42 mm est aussi le moins testé des trois : ce qu’on sait de lui repose sur peu de voix.
Si l’autonomie compte plus que tout pour vous, prenez le 51 mm et essayez-le au poignet avant d’acheter. L’édition Sapphire, elle, change le verre et les matériaux, pas l’expérience.
GPS, cartes, écran, autonomie : le socle de l’Epix Pro
Le GPS d’abord, qu’un seul test prend en défaut. En ville, en forêt, en montagne, la trace colle au terrain, et l’accroche des satellites se fait en quelques secondes. Un testeur a couru une distance mesurée de 5 210 mètres : la montre a affiché exactement 5 210 mètres.
La navigation va avec. Les cartes topographiques sont détaillées, le relief est ombré, et le guidage virage par virage fait qu’on se perd difficilement sur un itinéraire préparé à l’avance. Sur un écran AMOLED, les cartes gagnent en lisibilité ce qu’elles perdaient sur les Fenix à écran terne, et trois tests en font la raison de la préférer pour naviguer.
L’écran fait l’unanimité ou presque, avec trois réserves à peine. Elles visent surtout une situation : le plein soleil. Là, l’AMOLED pâlit, et un écran à mémoire de pixels comme celui de la Fenix 7 Pro redevient plus lisible. Partout ailleurs, et surtout la nuit, il n’a pas d’équivalent chez Garmin.
L’autonomie, enfin, est jugée bonne par une très large majorité, ce qui n’allait pas de soi avec un tel écran. Les rares critiques viennent de tests qui l’ont poussée dans ses retranchements, avec des réglages gourmands ou le GPS en continu sur un long trail, ou qui la comparent à une Fenix, dont l’écran moins gourmand et la recharge solaire, un verre qui capte la lumière pour prolonger la batterie, tiennent plus longtemps. Un test note au passage que l’Epix Pro recharge plus vite que les autres montres complètes de la marque.
Quant aux données d’entraînement, elles sont celles des Garmin les plus chères : score d’endurance, score de côte, état de la variabilité cardiaque (les infimes écarts entre deux battements, qui trahissent la fatigue), préparation à l’entraînement, séances suggérées chaque jour. Les tests s’en servent et les jugent pertinentes.

Pour ces usages, vous pouvez acheter sans hésiter.
Immédiate si vous venez de Garmin, exigeante si vous découvrez la marque
Sur la simplicité d’utilisation, les critiques l’emportent : huit tests la trouvent simple, dix la trouvent compliquée.
Tout dépend de qui la prend en main. Ceux qui la trouvent simple sont souvent des habitués de la marque : trois tests disent explicitement que la prise en main est immédiate si vous portiez déjà une Garmin. Les cinq boutons, les menus, la logique des écrans : tout est à sa place pour qui connaît la marque.
Ceux qui la trouvent compliquée décrivent l’arrivée d’un nouveau venu. Un test parle d’une courbe d’apprentissage « raide » pour qui découvre les montres d’aventure de Garmin, un autre testeur avoue n’avoir jamais tout maîtrisé. Les reproches sont concrets : des menus profonds, des options que rien n’explique, des réglages qu’on modifie sans le vouloir, et tant de métriques qu’un test les juge trop nombreuses.
L’écran tactile adoucit un peu les choses. Un test estime qu’il rend la montre nettement plus agréable que les Garmin sans tactile, un autre remarque qu’une fois les boutons apprivoisés, on ne s’en sert presque plus.
Première Garmin ? Comptez quelques semaines avant de vous y sentir chez vous. En venant d’une autre Garmin, vous serez en terrain connu dès le premier jour.
Une montre de sport qui dépanne en smartwatch, pas l’inverse
Sur les fonctions connectées, les tests se partagent : dix-huit les jugent convaincantes, neuf les trouvent insuffisantes, et onze restent neutres.
Ce qui sépare les deux camps, c’est la montre à laquelle ils la comparent. Face à une autre montre de sport, l’Epix Pro est bien équipée, et ce qu’elle propose fonctionne : la musique hors ligne depuis Spotify ou Amazon Music, les écouteurs Bluetooth qui ne décrochent pas, Garmin Pay pour payer sans téléphone, des notifications lisibles en gros caractères.
Face à une Apple Watch ou une Galaxy Watch, le constat se retourne. Pas de micro ni de haut-parleur, donc pas d’appel au poignet. Pas de réponse aux messages. Pas d’assistant vocal. Un magasin d’applications qui se limite surtout à des cadrans et à des champs de données. Un test résume la chose sans détour : sur les notifications, la téléphonie et les applications, ces montres ne soutiennent pas la comparaison.
Avec un iPhone, la liste s’allonge un peu. Trois tests relèvent une intégration moins complète qu’avec Android, notamment pour répondre aux messages. Et la fonction de suivi en direct, qui permet à un proche de vous suivre pendant une sortie, passe par le téléphone : sans lui, elle ne fonctionne pas.
Vous voulez répondre à vos messages et passer des appels depuis le poignet ? Ce n’est pas la bonne montre. Pour la musique, le paiement et les notifications, elle fait très bien le travail.
Une application saluée, un logiciel qui n’avance plus
Sur le logiciel, dix-huit tests sont satisfaits, dix ne le sont pas. Ils ne regardent pas la même chose.
Garmin Connect, l’application sur téléphone, récolte l’essentiel des éloges. Elle est décrite comme une source d’information presque sans fond, capable de tout analyser et de tout planifier, et un test la juge supérieure à celles de tous les concurrents. Depuis peu, elle permet aussi de régler la montre entièrement depuis le téléphone, ce que plusieurs tests apprécient.
Cette densité est aussi ce qu’on lui reproche. D’autres tests la trouvent surchargée, fourre-tout, avec une courbe d’apprentissage réelle et des réglages fins qu’elle ne permet pas de modifier.
Côté montre, les critiques visent autre chose : quelques plantages en cours d’utilisation, une activité perdue à l’enregistrement, et un processus de mise à jour jugé laborieux.
Et un point que les tests de 2023 ne pouvaient pas voir : depuis la sortie de la Fenix 8, l’Epix Pro ne reçoit plus les nouvelles fonctions de Garmin. Trois tests le relèvent, dont l’un parle d’une gamme abandonnée côté mises à jour. Les nouvelles métriques de course arrivent sur les modèles suivants, pas sur elle.
Un testeur qui l’a portée un an conclut pourtant qu’elle reste un très bon achat, parce que la plupart de ces nouveautés ne sont pas indispensables. C’est à vous de le décider : si vous achetez une montre pour qu’elle s’enrichisse pendant des années, l’Epix Pro a fini de le faire. Si ce qu’elle sait faire aujourd’hui vous suffit, cela ne changera rien.
La nuit, là où elle se discute
Le confort est bon de jour, et la plupart des tests la portent sans y penser. Les réserves les plus nettes arrivent le soir.
Quatre tests jugent l’Epix Pro trop épaisse pour dormir avec, selon la position de sommeil ou tout simplement parce qu’elle gêne. Un testeur aux poignets fins a fini par l’enlever chaque soir. Pour une montre qui mesure le sommeil et la récupération, c’est un paradoxe.
Le suivi du sommeil lui-même a ses failles. Sa durée est jugée correcte par certains tests, et surestimée par d’autres : un testeur qui la compare à une bague connectée voit chaque nuit une demi-heure à une heure de sommeil en trop. Les phases de sommeil sont le point le plus critiqué : quatre tests les jugent peu fiables. Un testeur raconte l’agacement de se réveiller reposé et de lire sur la montre qu’on a mal dormi.
Le cardio au poignet, enfin, est jugé fiable par une large majorité. Il suit l’endurance sans broncher, et ses défauts apparaissent dans deux situations précises : les fractions très courtes, où il réagit avec quelques secondes de retard sur une ceinture cardio thoracique, et, à vélo, les descentes sur route bosselée, mains crispées sur le cintre.
Vos séances de fractionné comptent ? Gardez votre ceinture cardio. Pour suivre votre sommeil, pensez au 42 mm, le plus petit, et prenez les phases affichées au matin comme une indication.
Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas
L’Epix Pro est faite pour vous si vous courez, roulez ou randonnez hors des sentiers balisés, si vous voulez des cartes au poignet et un écran que vous aurez plaisir à regarder, et si vous connaissez déjà l’univers Garmin ou êtes prêt à l’apprendre. En 51 mm, elle réconcilie l’AMOLED et l’autonomie, et c’est ce qui la distingue.
Elle ne l’est pas si vous cherchez une vraie montre connectée, si vous voulez les fonctions que Garmin ajoutera dans les années qui viennent, ou si vous avez un poignet fin et comptez dormir avec le modèle le plus endurant.
Sur le prix, les tests se partagent à parts presque égales. Ceux qui l’ont jugée à son prix de lancement la trouvent chère, et plusieurs orientent vers la Forerunner 965, qui offre le même écran et l’essentiel des fonctions pour bien moins cher. Ceux qui l’ont achetée depuis, remisée après l’arrivée de la Fenix 8, y voient au contraire l’une des meilleures affaires de la gamme : presque tout ce que fait la Fenix 8, pour une fraction de son prix. Si vous la trouvez nettement sous son prix de lancement, c’est le second camp qui a raison.
Le détail, dimension par dimension
Voir les 15 dimensions comptées, dont 5 qui font débat
- 91
Autonomie
50 pour · 5 contre · 2 sans avis tranché
- 94
Lisibilité de l'écran
51 pour · 3 contre · 1 sans avis tranché
- 93
Pertinence des données d'entraînement
38 pour · 3 contre · 8 sans avis tranché
- 85
Ergonomie des commandes
33 pour · 6 contre · 2 sans avis tranché
- 75
Confort au poignet et légèretéavis partagés
27 pour · 9 contre · 3 sans avis tranché
- 49
Rapport qualité-prixavis partagés
17 pour · 18 contre · 3 sans avis tranché
- 67
Fonctions connectéesavis partagés
18 pour · 9 contre · 11 sans avis tranché
- 97
Précision du GPS
37 pour · 1 contre
- 100
Navigation
34 pour · 0 contre · 2 sans avis tranché
- 77
Suivi santé et sommeil
24 pour · 7 contre · 4 sans avis tranché
- 64
Application et logicielavis partagés
18 pour · 10 contre · 6 sans avis tranché
- 91
Précision du cardio au poignet
29 pour · 3 contre · 2 sans avis tranché
- 83
Solidité et finition
24 pour · 5 contre · 2 sans avis tranché
- 44
Simplicité d'utilisationavis partagés
8 pour · 10 contre · 5 sans avis tranché
- 89
Précision de l'altitude et du dénivelé
8 pour · 1 contre
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