L’essentiel, d’après 64 tests
Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.
Ce qui divise les testeurs
- Précision du cardio au poignet35 pour, 15 contre
- Simplicité d'utilisation27 pour, 11 contre
- Suivi santé et sommeil15 pour, 10 contre
Ce qui est critiqué
- Fonctions connectées35 contre, 7 pour
Ce qui fait consensus
- Autonomie56 pour, 1 contre
- Lisibilité de l'écran58 pour, 0 contre
- Navigation42 pour, 2 contre
- Précision du GPS46 pour, 2 contre
- Confort au poignet et légèreté35 pour, 6 contre
La Suunto Race 2 est une montre d’entraînement et de trail haut de gamme qui refuse de coûter le prix d’une Garmin de même niveau. Suunto a gardé la formule de la première Race, un grand boîtier en acier, une couronne crantée, des cartes hors ligne et une autonomie hors norme, et a changé tout ce qu’il y a dedans : un écran AMOLED de 1,5 pouce, l’écran couleur lumineux des smartphones, un processeur plus rapide, un capteur cardio entièrement nouveau, un boîtier plus fin. Elle est affichée 499 € au catalogue, 599 € en version titane.
Sur l’écran, l’autonomie en GPS et les cartes, les tests ne lui trouvent presque rien à redire. Ils se séparent sur le nouveau capteur cardio, juste sur les sorties régulières et plus fragile en début de séance, et sur un logiciel que le matériel a laissé en arrière. Et comme montre connectée, elle déçoit nettement : ni musique, ni paiement. Vous courez en montagne ou enchaînez les sports, et voulez des cartes et une batterie qu’on oublie ? Elle a très peu de concurrentes à ce prix. Avec un poignet fin, ou pour laisser votre téléphone à la maison, lisez la suite.
Ce que la deuxième génération change, et ce qu’elle laisse en route
La première Race avait un défaut que tout le monde connaissait : son capteur cardio. La Race 2 le remplace par un capteur à six diodes au lieu de deux. Même parmi les tests qui le jugent encore insuffisant, plusieurs reconnaissent le progrès.
L’écran grandit à 1,5 pouce et gagne en luminosité. Le processeur, deux fois plus rapide selon la marque, rend enfin l’interface fluide, même si un test lui trouve encore un temps de retard en tournant la couronne. Le boîtier s’amincit et s’allège, et la montre se porte plus volontiers la nuit. La mémoire passe à 32 Go pour les cartes, et l’autonomie annoncée en GPS double fréquence, qui capte deux signaux par satellite pour une trace plus juste, monte à 55 heures.
Le prix suit : 50 € de plus qu’au lancement de la première Race.
Une chose recule, et deux tests l’ont mesurée de près. Avec l’écran allumé en permanence, la Race 2 tient environ deux fois moins longtemps au quotidien que la première Race dans les mêmes réglages : un testeur relève cinq jours et demi contre près de onze. L’écran plus grand se paie là, et seulement là.
Vous avez une première Race et son cardio vous agaçait ? C’est la seule vraie raison de changer. Et avec l’écran toujours allumé, attendez-vous à recharger plus souvent qu’avant.
Autonomie, écran, cartes : l’unanimité ou presque
L’autonomie d’abord, que les tests ne prennent presque jamais en défaut. Un testeur mesure 54 heures en GPS multi-systèmes, qui combine plusieurs constellations de satellites, au plus près des 55 heures annoncées, d’autres passent dix jours et plus sans chargeur en s’entraînant. Avec un écran AMOLED de cette taille, c’est un tour de force.
L’écran justement, qui ne prend aucune critique. Il se lit en plein soleil, il est assez grand pour afficher une carte qu’on déchiffre en courant, et il donne à la montre une allure plus haut de gamme que son prix.

La navigation ensuite, et c’est le terrain historique de Suunto. Les cartes topographiques hors ligne sont gratuites, nettes, faciles à zoomer avec la couronne, et un test les tient pour les meilleures qu’il ait vues sur une montre. Deux limites reviennent tout de même. Les cartes ne calculent pas d’itinéraire : si vous vous écartez de votre trace, la montre ne vous en propose pas une nouvelle. Et leur téléchargement est lent : plus d’une heure pour une zone d’un gigaoctet, parfois une nuit entière.
La solidité enfin, que les tests ne discutent presque pas, avec un verre saphir et une lunette en acier. Le reproche qui revient vise le bracelet, pas le boîtier : son fermoir à picot se défait quand on enfile un sac à dos, et quatre tests l’ont vu lâcher en sortie.

Une montre qui tient un ultra, se lit sous tous les ciels et vous guide sur un sentier inconnu : c’est ce que vous cherchez ? Elle coche les trois cases. Prévoyez seulement une soirée pour charger vos cartes avant de partir.
Le cardio tient sur les sorties régulières, pas sur les départs
Le nouveau capteur partage les tests : trente-cinq le jugent précis, quinze le prennent en défaut. Pourtant les deux camps décrivent souvent la même montre. Ils ne regardent pas le même moment de la séance.
Sur une sortie à allure constante, la courbe colle à celle d’une ceinture thoracique, et certains tests critiques le reconnaissent eux-mêmes. Un testeur relève un écart moyen de 2,4 battements par minute face à un brassard de référence, un autre une moyenne au battement près sur un semi-marathon.
Les erreurs se concentrent ailleurs : dans les premières minutes. Neuf tests, satisfaits comme déçus, situent leurs écarts au départ de la séance, quand le capteur s’accroche à la cadence de foulée au lieu du cœur, affiche des valeurs très hautes à allure de footing, ou met plusieurs minutes à rejoindre la ceinture. Passé l’échauffement, plusieurs n’en voient plus rien. Un test retrouve pourtant le même défaut quand l’effort repart brutalement après une récupération.
La façon de porter la montre compte autant. Plusieurs tests insistent : le bracelet silicone doit être serré, presque inconfortablement pour l’un d’eux, qui obtient de meilleurs résultats avec un bracelet textile. Un testeur au poignet très fin n’obtient pas de mesure fiable dans les premières minutes, un autre a vu ses mesures se stabiliser en changeant la montre de poignet, loin d’un tatouage.
Si vous courez surtout en endurance et que vous suivez votre forme, le capteur suffit, à condition de serrer le bracelet. Si vous pilotez vos séances de fractionné à la fréquence cardiaque, gardez une ceinture : plusieurs tests le conseillent.
Simple à porter, plus laborieuse à régler
Sur la prise en main, vingt-sept tests la trouvent simple, onze la jugent laborieuse. Ici encore, tout dépend de ce qu’on entend par simple.
Ceux qui la trouvent simple parlent de l’usage de tous les jours. La couronne fait défiler les menus, l’écran tactile répond vite, une activité se lance en deux gestes, et l’appairage avec le téléphone prend quelques minutes. Un test note que quiconque a déjà porté une Suunto s’y retrouve dès la première minute.
Ceux qui la jugent laborieuse parlent des réglages. Une activité ne compte que quatre écrans de données, carte comprise. Certains champs ne s’ajoutent qu’à travers une application SuuntoPlus, ces petits modules à installer sur la montre, et la montre n’en accepte que deux à la fois. Dans l’application, programmer une séance de fractionné demande plus de patience que chez la concurrence. Et les indicateurs de charge reprennent le vocabulaire de TrainingPeaks, une plateforme de planification d’entraînement : TSS pour la charge d’une séance, CTL pour la forme de fond, TSB pour la fraîcheur du jour, des sigles que plusieurs tests jugent hermétiques pour qui ne les connaît pas déjà.
Pendant l’effort, un détail revient : l’écran tactile se désactive dans les modes sportifs, sauf sur la carte, et la couronne ne fait pas défiler les écrans de données.
Pour lancer une sortie et lire votre allure, vous serez à l’aise dès le premier jour. Pour composer vos écrans et vos séances au détail près, comptez quelques soirées d’apprentissage, surtout en venant de Garmin.
Une montre de sport, pas une montre connectée
Sur les fonctions connectées, la balance penche nettement : sept tests s’en contentent, trente-cinq les trouvent limitées. Ici, pas de malentendu sur ce que fait la montre : ceux qui s’en contentent apprécient les notifications et le pilotage de la musique, les autres regrettent ce qui manque.
La Race 2 ne stocke pas de musique et ne se connecte à aucun service de streaming. Elle pilote seulement celle de votre téléphone. Elle n’a ni paiement sans contact, ni micro, ni haut-parleur, et ses notifications se lisent sans qu’on puisse y répondre. Six tests s’étonnent de l’absence de lecteur de musique alors que la Suunto Run, vendue deux fois moins cher, en a un, et la mémoire de 32 Go le permettrait largement.
Ce qu’elle offre en échange tient en peu de lignes : une lampe torche, qui sert plus qu’on ne le croit en bivouac, une fonction pour faire sonner votre téléphone, et un suivi en direct que vos proches ouvrent sans rien installer.
Si vous courez avec votre téléphone dans la poche, rien ne vous manquera. Si vous voulez partir avec la seule montre et de la musique dans les oreilles, elle n’est pas le bon choix.
Le matériel a pris de l’avance sur le logiciel
Le processeur est rapide, la mémoire est vaste, le capteur est neuf. Le logiciel, lui, n’a pas suivi au même rythme, et plusieurs tests le relèvent : un test parle d’un matériel bridé par le logiciel.
Le GPS le montre bien. Les tests en sont presque unanimement satisfaits, et les tracés sont propres. Mais un test technique, qui s’appuie sur des propriétaires ayant comparé leurs fichiers, relève une anomalie : la montre affiche 1 à 1,5 % de distance en moins que ce que son propre fichier GPS enregistre, soit 100 à 150 mètres sur une dizaine de kilomètres. L’écart vient d’un filtrage logiciel trop prudent dans les virages et les changements d’allure, pas de la puce GPS.
Le sommeil suit la même logique, et les tests s’y partagent : quinze en sont satisfaits, dix le trouvent décevant. Les heures d’endormissement et de réveil sont justes, presque à la minute pour un test, et la montre détecte même les siestes. Ce qui se passe pendant la nuit convainc moins. Trois tests voient la montre manquer leurs réveils nocturnes, et ceux qui la comparent à une bague Oura ou à un bracelet Whoop, deux objets dédiés au sommeil et à la récupération, ou à une Garmin trouvent ses mesures irrégulières. La variabilité cardiaque nocturne, ces infimes écarts entre deux battements qui renseignent sur la récupération, ne s’affiche qu’en moyenne, sans courbe sur la montre.
Les tests s’étalent sur l’année qui a suivi la sortie, et Suunto publie des mises à jour régulières. Si vous lisez un test ancien, une partie de ses reproches a pu être corrigée depuis.
Le GPS est votre juge de paix ? Le tracé de la Race 2 reste propre, avec une distance un peu courte à l’écran. Pour surveiller vos nuits, regardez ailleurs.
Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas
La Race 2 est faite pour vous si vous courez en montagne, si vous enchaînez trail, vélo et natation, et que vous voulez des cartes, une batterie qui tient un ultra et un écran qui se lit partout, sans payer le prix d’une Garmin de même rang. Elle l’est aussi si vous avez souffert du cardio de la première Race : il a franchement progressé sur les sorties régulières.
Elle n’est pas faite pour vous si vous avez un poignet fin. Avec ses 49 mm et ses 76 g, elle reste imposante, et c’est la remarque que font la plupart des tests critiques sur le confort. La Race S, plus petite, existe pour ça. Elle ne l’est pas non plus si vous voulez une vraie montre connectée, ou si vous comptez piloter votre fractionné au cardio sans ceinture.
Le prix, lui, fait peu débat. À 499 € au catalogue, elle offre l’écran, les cartes et l’autonomie d’une montre bien plus chère, et c’est l’argument qui revient face à la Garmin Forerunner 970. Les voix contraires visent surtout la hausse de prix par rapport à la première Race, et rappellent que la Race S, plus petite, coûte moins cher. Si les cartes et l’autonomie comptent pour vous, la hausse se justifie. Sinon, la Race S mérite un regard.
Le détail, dimension par dimension
Voir les 15 dimensions comptées, dont 3 qui font débat
- 98
Autonomie
56 pour · 1 contre · 3 sans avis tranché
- 100
Lisibilité de l'écran
58 pour · 0 contre · 1 sans avis tranché
- 70
Précision du cardio au poignetavis partagés
35 pour · 15 contre · 7 sans avis tranché
- 77
Pertinence des données d'entraînement
36 pour · 11 contre · 6 sans avis tranché
- 95
Navigation
42 pour · 2 contre · 7 sans avis tranché
- 96
Précision du GPS
46 pour · 2 contre · 2 sans avis tranché
- 85
Confort au poignet et légèreté
35 pour · 6 contre · 8 sans avis tranché
- 87
Application et logiciel
33 pour · 5 contre · 10 sans avis tranché
- 17
Fonctions connectées
7 pour · 35 contre · 6 sans avis tranché
- 96
Solidité et finition
45 pour · 2 contre · 1 sans avis tranché
- 88
Ergonomie des commandes
35 pour · 5 contre · 6 sans avis tranché
- 71
Simplicité d'utilisationavis partagés
27 pour · 11 contre · 1 sans avis tranché
- 84
Rapport qualité-prix
31 pour · 6 contre · 2 sans avis tranché
- 60
Suivi santé et sommeilavis partagés
15 pour · 10 contre · 5 sans avis tranché
- 100
Précision de l'altitude et du dénivelé
13 pour · 0 contre
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