L’essentiel, d’après 59 tests
Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.
Ce qui divise les testeurs
- Lisibilité de l'écran25 pour, 10 contre
- Suivi santé et sommeil22 pour, 10 contre
- Fonctions connectées7 pour, 14 contre
Ce qui est critiqué
- Navigation19 contre, 0 pour
- Précision de l'altitude et du dénivelé15 contre, 3 pour
Ce qui fait consensus
- Pertinence des données d'entraînement45 pour, 2 contre
- Précision du GPS46 pour, 3 contre
- Autonomie44 pour, 1 contre
- Rapport qualité-prix45 pour, 3 contre
- Confort au poignet et légèreté43 pour, 0 contre
La Forerunner 55 est la montre de course d’entrée de gamme de Garmin, et elle se contente de l’essentiel. Un boîtier de 42 mm, 37 g sur la fiche, un écran à mémoire de pixels (MIP), toujours allumé et qui se lit à la lumière du jour, cinq boutons et aucun écran tactile, 20 heures d’autonomie annoncées en GPS. Pas de musique embarquée, pas de cartes, pas d’altimètre barométrique.
Ce qu’elle fait, elle le fait bien. Le GPS tombe juste, la batterie tient une semaine d’entraînement sans broncher, la montre s’oublie au poignet, et elle a hérité des modèles plus chers les outils qui aident vraiment à progresser : des séances suggérées chaque jour, une stratégie d’allure pour les courses, un mode piste.
Les testeurs se séparent sur ce qu’elle a laissé de côté. Sur un écran parfaitement lisible mais d’une autre époque. Sur un suivi de la journée convaincant et un suivi de la nuit qui l’est beaucoup moins. Sur des fonctions connectées qui suffisent tant que votre téléphone est dans votre poche. Le cardio, lui, convainc la plupart en footing, et hésite en fractionné. Vous débutez ou progressez sur route et voulez une montre qui vous guide sans vous noyer ? Elle fait le travail pour un prix modeste. En montagne ou sans téléphone, lisez la suite avant d’acheter.
Ce que la 55 ajoute à la 45
La Forerunner 45 avait posé la formule : une montre ronde, légère, à boutons, pensée pour la course à pied. La 55 garde le même boîtier et le même écran, qu’un test aurait aimé voir renouvelé, mais il affiche désormais quatre données par page au lieu de trois. Tout le reste se joue dans la batterie et dans le logiciel.
La batterie d’abord. L’autonomie en GPS passe de 13 à 20 heures, ce qui corrige le principal reproche fait à la 45.
Le logiciel ensuite, et c’est là que la 55 change vraiment de catégorie. Elle reçoit des outils jusque-là réservés aux Forerunner plus chères. Les séances suggérées, d’abord : chaque jour, la montre vous propose un entraînement adapté à votre forme et à vos dernières sorties, avec son allure et sa durée. PacePro, ensuite, qui découpe un parcours de course en segments et vous donne une allure cible pour chacun, en tenant compte des côtes. Le mode piste, enfin, qui corrige la trace GPS quand vous tournez sur un stade et vous donne des tours justes.
Ajoutez les plans Garmin Coach, gratuits et adaptatifs, pour préparer un 5 km, un 10 km ou un semi, et vous obtenez une montre qui ne se contente pas d’enregistrer vos sorties. Un test note toutefois que ces plans s’arrêtent au semi, ce qui le déçoit au moment de viser un marathon.
Si vous hésitez entre une 45 d’occasion et une 55, c’est ce logiciel que vous payez, et c’est lui qui fait la différence au quotidien.
GPS, batterie, confort : presque aucune réserve
Le GPS d’abord, que les tests ne prennent que rarement en défaut. Un testeur boucle un semi-marathon sur parcours mesuré en 21,22 km, un autre voit sa trace rester sur le chemin là où une montre bien plus chère en sortait. Les rares réserves visent les rues étroites entre de hauts immeubles et la forêt dense, là où un GPS mono-fréquence, qui ne capte qu’un signal par satellite, perd un peu le fil.
L’autonomie ensuite, sans quasiment une voix contre. Un testeur la mène au bout d’une semaine en courant 70 à 100 km, un autre ne l’a rechargée qu’une fois en trois semaines. Pour qui porte la montre jour et nuit avec quelques sorties par semaine, deux semaines sans chargeur sont un chiffre réaliste.

Le confort ne prend aucune critique. Avec 11,6 mm d’épaisseur et 37 g, elle se porte la nuit sans gêne et se glisse sous une manche. Seule nuance, un test la trouve un peu petite sur un poignet large.
La simplicité d’utilisation et l’analyse de l’entraînement ne suscitent, elles aussi, que de rares réserves. Cinq boutons, des menus courts, une séance lancée en deux pressions : la montre se prend en main le premier jour. L’application de Garmin demande un peu plus de patience, et deux tests la trouvent touffue pour qui découvre la marque.
Une allure juste, une batterie qu’on oublie, une montre qui vous dit quoi courir demain : sur ces trois points, la 55 tient parole.
Lisible en plein soleil, datée au premier regard
Sur l’écran, les tests se partagent : vingt-cinq le jugent réussi, dix le critiquent. Pourtant la plupart des tests critiques saluent aussi sa lisibilité. Ils ne regardent pas la même chose.

Ceux qui le jugent réussi parlent de ce qu’il affiche pendant la course. C’est un écran à mémoire de pixels, qui renvoie la lumière du jour au lieu de lutter contre elle : plus le soleil tape, mieux il se lit. Une vingtaine de tests le lisent sans effort en plein soleil, et l’un d’eux y parvenait avec une luminosité réglée à 20 %. Les chiffres sont gros, le contraste est franc, un coup d’œil suffit.
Ceux qui le critiquent parlent de ce qu’il montre au repos. L’écran fait 1,04 pouce pour 208 x 208 pixels, et ça se voit : un test distingue nettement les pixels sur le cadran par défaut, d’autres le trouvent terne ou daté face aux écrans AMOLED, en couleur et très lumineux, des montres connectées au même prix. Sa petite taille limite aussi l’affichage à quatre données par page d’entraînement. Et en intérieur, le rétroéclairage ne s’allume pas seul : il faut un geste ou un bouton.
Vous voulez lire votre allure d’un coup d’œil en plein été ? Cet écran fait mieux que bien des écrans plus beaux. Pour une montre agréable à regarder au bureau, il vous décevra.
Un cardio fiable en footing, plus hésitant en fractionné
Le capteur cardio au poignet convainc une majorité : vingt-trois tests le jugent précis, six le prennent en défaut. Mais ce qui sépare vraiment les avis, c’est le type de séance.

À allure constante, en footing ou en sortie longue, la courbe colle à celle de la ceinture thoracique. Les tests qui ont mesuré l’écart le situent entre 1 et 5 battements par minute en moyenne, le plus souvent autour de 2.
Dès que l’intensité varie brusquement, le capteur prend du retard. Dix tests, y compris parmi ceux qui jugent le capteur précis, décrivent la même chose en fractionné : il monte trop tard, redescend trop lentement, et rate les pics les plus courts. Un test chiffre ce décalage à 5 à 10 secondes sur les séances courtes. Trois tests, à l’inverse, le voient suivre sans peine des séries rapides. Le vélo lui réussit moins encore : deux tests y voient la précision chuter, avec les vibrations du guidon.
Ce désaccord a une conséquence simple, et onze tests, satisfaits comme déçus, donnent le même conseil : si vous pilotez vos séances rapides par la fréquence cardiaque, ajoutez une ceinture. Elle se couple à une ceinture cardio. Pour suivre votre forme, vos footings et vos sorties longues, le capteur suffit.
La journée bien suivie, la nuit beaucoup moins
Le suivi santé partage les tests : vingt-deux en sont satisfaits, dix le trouvent décevant. Ce qui les sépare, c’est le jour et la nuit.
Le jour, la montre convainc. Elle compte vos pas, mesure votre stress et tient une jauge d’énergie, le Body Battery, qui descend quand vous vous dépensez et remonte quand vous récupérez. Plusieurs tests la trouvent fidèle à leur fatigue réelle, et l’un d’eux s’en sert pour choisir ses jours de séance dure. Le suivi du cycle menstruel, absent de la 45, fait aussi son entrée.
La nuit, c’est une autre histoire. Sept tests doutent de la mesure du sommeil : des durées surestimées, une analyse jugée sommaire, et même quelques nuits qui ne sont pas enregistrées du tout. Cinq tests relèvent aussi qu’on ne peut pas consulter sa nuit sur la montre : il faut ouvrir l’application. Un test signale que des mises à jour logicielles ont depuis affiné l’analyse du sommeil, ce qui peut expliquer une partie de l’écart entre les tests anciens et les plus récents.
Manquent enfin deux mesures que la gamme au-dessus propose, l’oxygène dans le sang et la variabilité cardiaque, ces infimes écarts entre deux battements qui renseignent sur la récupération : six tests regrettent l’une ou l’autre.
Pour savoir chaque matin si vous êtes en forme pour courir, la montre répond. Pour surveiller d’abord votre sommeil, ce n’est pas le bon choix.
Elle reçoit vos notifications, elle ne remplace pas le téléphone
Sur les fonctions connectées, la balance penche du côté critique : sept tests en sont satisfaits, quatorze les trouvent limitées. Et pourtant, les deux camps décrivent la même montre.
Elle affiche vos notifications, SMS et messageries compris, et plusieurs tests notent qu’elles arrivent sans faille. Vous ne pouvez que les lire et les effacer, jamais y répondre. Elle pilote la musique de votre téléphone : pause, morceau suivant, volume. Et elle offre les fonctions de sécurité de Garmin, avec le suivi en direct par vos proches et une détection d’incident qui envoie votre position à un contact en cas de chute.
Ce qu’elle n’a pas, c’est le stockage de musique et le paiement sans contact. Et c’est là que tout se joue. Ceux qui en sont satisfaits courent avec leur téléphone dans la poche, ou n’écoutent rien. Ceux qui la trouvent limitée veulent justement le laisser à la maison : sans lui, plus de musique, plus de podcasts, et plus de quoi acheter une bouteille d’eau en route.
Si votre téléphone vous accompagne à chaque sortie, rien ne vous manquera. Si vous voulez courir avec la seule montre au poignet et de la musique dans les oreilles, il vous faut une montre qui stocke vos morceaux.
Une montre pour la route : ni cartes, ni dénivelé en direct
Deux absences pèsent. Aucun test ne porte un jugement favorable sur la navigation, et presque tous regrettent l’absence d’altimètre barométrique.
Sur la navigation, la montre n’a pas de fond de carte, et les tests ne s’accordent même pas sur ce qu’elle sait faire : l’un décrit le suivi d’un parcours préparé dans l’application, avec de simples indications de direction, d’autres affirment qu’on ne peut rien y charger. Dans les deux cas, sur un sentier inconnu, rien ne vous dit quel chemin prendre à une intersection.
Sur le dénivelé, le partage est plus fin. Sans baromètre, la montre calcule l’altitude à partir du GPS, et elle ne l’affiche jamais pendant la course. Les trois tests satisfaits ont comparé le dénivelé une fois la sortie terminée, et le trouvent presque identique à celui d’une montre équipée d’un baromètre, à 20 mètres près sur 14 km pour l’un d’eux. Ceux qui la critiquent veulent voir leur dénivelé en direct, ou le jugent fantaisiste sur le plat, où la courbe d’altitude ondule sans raison. Un testeur contourne l’affichage avec une application tierce, en prévenant que la donnée reste imprécise.
Même chose pour les très longues distances. Les 20 heures de GPS couvrent un marathon avec une large marge, mais quatre tests les jugent trop justes pour un ultra-trail. Et la montre n’a pas de mode multisport pour enchaîner les disciplines d’un triathlon.
Si vous courez sur route, sur piste ou sur des chemins que vous connaissez, aucune de ces absences ne vous coûtera. Si le dénivelé fait partie de votre entraînement, ou si vous partez explorer, cherchez une montre avec baromètre et cartes.
Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas
La Forerunner 55 est faite pour vous si vous débutez ou si vous progressez sur route, du 5 km au marathon, et que vous voulez une montre qui vous dise quoi courir sans vous noyer sous les indicateurs. Elle l’est aussi si vous détestez recharger vos appareils, ou si un poignet fin vous fait fuir les grosses montres.
Elle n’est pas faite pour vous si vous courez en montagne, si vous pilotez vos séances rapides au cardio sans vouloir porter de ceinture, ou si vous voulez laisser votre téléphone à la maison. Elle ne l’est pas non plus si vous cherchez une vraie montre connectée, ou une analyse avancée de la charge d’entraînement et de la récupération, que Garmin réserve à la gamme au-dessus.
Le prix, lui, ne fait presque pas débat. À 199 € au catalogue, et régulièrement vendue en dessous, elle offre l’essentiel des outils de course de Garmin pour une fraction du prix de ses grandes sœurs. Les rares voix contraires la comparent aux Coros Pace 2 et Pace 3, plus complètes pour un prix de lancement voisin. Si l’autonomie en ultra ou le dénivelé comptent pour vous, la comparaison mérite d’être faite. Sinon, à ce prix, elle a peu de rivales.
Le détail, dimension par dimension
Voir les 15 dimensions comptées, dont 3 qui font débat
- 96
Pertinence des données d'entraînement
45 pour · 2 contre · 6 sans avis tranché
- 94
Précision du GPS
46 pour · 3 contre · 1 sans avis tranché
- 98
Autonomie
44 pour · 1 contre · 5 sans avis tranché
- 94
Rapport qualité-prix
45 pour · 3 contre · 1 sans avis tranché
- 71
Lisibilité de l'écranavis partagés
25 pour · 10 contre · 9 sans avis tranché
- 100
Confort au poignet et légèreté
43 pour · 0 contre · 1 sans avis tranché
- 97
Simplicité d'utilisation
38 pour · 1 contre · 2 sans avis tranché
- 69
Suivi santé et sommeilavis partagés
22 pour · 10 contre · 6 sans avis tranché
- 79
Précision du cardio au poignet
23 pour · 6 contre · 9 sans avis tranché
- 94
Application et logiciel
32 pour · 2 contre · 3 sans avis tranché
- 88
Ergonomie des commandes
28 pour · 4 contre · 1 sans avis tranché
- 33
Fonctions connectéesavis partagés
7 pour · 14 contre · 9 sans avis tranché
- 80
Solidité et finition
16 pour · 4 contre · 4 sans avis tranché
- 0
Navigation
0 pour · 19 contre · 1 sans avis tranché
- 17
Précision de l'altitude et du dénivelé
3 pour · 15 contre · 1 sans avis tranché
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