L’essentiel, d’après 10 tests
Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.
Ce qui divise les testeurs
- Tenue en mouvement5 pour, 3 contre
- Polyvalence d'usage4 pour, 2 contre
Ce qui fait consensus
- Confort de port10 pour, 0 contre
- Clarté optique6 pour, 1 contre
- Champ de vision7 pour, 0 contre
- Protection7 pour, 0 contre
- Buée et ventilation5 pour, 0 contre
L’EVZero Blades est une lunette sans monture : un seul verre de 150 mm de large, d’un seul tenant, auquel Oakley a simplement accroché un pont de nez et deux branches fines. Le dessin a de quoi surprendre, entre visière de vélo et lunette de ville, mais les testeurs ne s’arrêtent pas au style. Ils parlent d’une paire si légère qu’on l’oublie, d’un champ de vision que rien ne coupe et d’un verre Prizm, la teinte d’Oakley qui renforce les contrastes, qui tient ses promesses.
Le débat porte sur ce que l’absence de monture retire. Sans cadre pour le rigidifier, le verre fléchit, et les branches serrent peu la tête. En course, aucun test ne s’en plaint. À vélo, la lunette peut glisser sur le nez. L’autre limite tient au verre : il est unique et ne se change pas, ce qui oblige à bien choisir sa teinte à l’achat. Vous courez, vous cherchez une paire qui ne pèse rien et vous savez dans quelle lumière vous sortez ? C’est une lunette très simple à vivre. À vélo sur route abîmée, testez-la sur votre visage avant de l’acheter.
Sans monture, et c’est tout le sujet
Sortie en 2019, la Blades croise la gamme EVZero, dessinée pour la légèreté, avec le style des Razor Blades, une lunette Oakley des années 80. Elle ne ressemble à aucune autre EVZero : là où la Path ou la Pitch gardent la forme de verre qui leur donne leur nom, la Blades porte un écran droit en visière, coupé net sur le haut, entièrement libre de monture.
Tout ce que les testeurs en disent découle de ce choix. Sans cerclage, c’est-à-dire sans cadre autour du verre, il ne reste presque rien à porter : des branches en O Matter, le plastique léger et souple d’Oakley, un pont en Unobtainium, la gomme maison, et ce grand verre de 52 mm de haut en Plutonite, un polycarbonate qui résiste aux chocs. Rien non plus ne s’interpose entre l’œil et la route, ni au-dessus, ni sur les côtés. C’est ce qui fait sa réputation.
Mais un cadre ne sert pas qu’à tenir le verre. Il le rigidifie, et c’est lui qui transmet aux branches la tension qui plaque la lunette sur les tempes. La Blades n’en a pas. Son verre plie, ses branches pincent moins qu’une monture cerclée, et la question de la tenue revient dans la plupart des tests. Elle ne se pose pas de la même façon selon le sport que vous pratiquez.
La lunette coûte 228 €. Un test rappelle qu’elle est au catalogue depuis plusieurs années, et qu’elle se négocie donc plus facilement que les modèles récents de la marque.
Confort, champ de vision, protection : l’unanimité
Le confort d’abord, qu’aucun test ne prend en défaut. Les mots sont les mêmes d’une langue à l’autre : une paire qu’on oublie, qu’on ne sent pas sur le nez, avec la sensation de ne rien porter du tout. Aucun testeur ne relève de point de pression sur les tempes, et un seul a senti son poids sur le nez, un matin où il était enrhumé, sans en faire un reproche. Celui qui l’a portée tout un mois de canicule ajoute que l’absence de monture laisse circuler l’air autour des yeux.
Deux tests la recommandent en particulier aux visages fins, que les grandes lunettes de sport débordent souvent. Le verre est large mais assez bas, et un test note qu’il ne touche jamais la visière du casque.

Le champ de vision ensuite, qui fait l’unanimité. Aucun bord de monture n’entre dans le regard, ni sur les côtés, ni surtout en haut. À vélo, quand on roule en bas du cintre et qu’on relève les yeux vers la route, c’est là qu’une lunette classique coupe la vue. Celle-ci ne coupe rien. Un test note qu’en dépit d’un verre moins haut que ceux des grandes lunettes de vélo, il ne perd rien en vision, parce que l’écran est très galbé et posé près des yeux.
La protection enfin, sans une voix contre. L’écran couvre bien, il arrête le vent, la poussière, les projections et les insectes. En plein soleil, le verre coupe l’éblouissement sans fatiguer les yeux, y compris par forte chaleur. Les verres Oakley sont certifiés contre les impacts, ce qui compte sur les chemins où un gravillon peut sauter.
La buée, moins souvent abordée, ne pose problème à personne : le verre est assez éloigné du visage pour que l’air passe derrière.
Une paire légère, confortable des heures durant et qui laisse le regard libre : sur ces trois points, la Blades met tout le monde d’accord. Les réserves sont ailleurs, et elles dépendent de votre usage.
Immobile en course, plus fuyante à vélo
Sur la tenue, les tests se partagent : cinq la trouvent stable, trois la voient glisser. La répartition s’explique dès qu’on regarde dans quel sport chacun l’a portée.
Les trois testeurs qui l’ont portée en course ne lui reprochent rien. Ils décrivent une lunette qui ne bouge pas au fil des foulées, même après deux heures de course, même quand on commence à transpirer. Les plaquettes en Unobtainium, qui accrochent davantage quand la peau est humide, font le travail que la monture ne fait pas.

Les trois critiques viennent toutes du vélo. Elles disent la même chose avec des mots différents : la lunette descend sur le nez. Un testeur raconte une paire qui glisse sans cesse et finit par gâcher la sortie, un autre la voit bouger sur les dos-d’âne et les trous, surtout quand la transpiration s’en mêle, un troisième la sent se déplacer de temps en temps. Et tous désignent la même cause : un verre trop souple, des branches qui ne serrent pas assez. Ils auraient voulu des branches plus rigides, ou une tension plus forte sur les côtés de la tête.
Le vélo ne la condamne pas pour autant. Un testeur l’a portée sur route lisse comme sur route défoncée, et elle n’a pas bougé. La forme du visage joue sans doute autant que la discipline, et c’est le conseil que donne un des testeurs qu’elle n’a pas convaincus : essayez-la avant de l’acheter, parce que ce design sans monture ne convient pas à toutes les têtes.
Si vous la voulez pour courir, ce désaccord ne vous concerne pas. Si vous la voulez d’abord pour rouler, et surtout sur des routes cassantes, portez-la quelques minutes en secouant la tête : une Blades qui bouge en magasin bougera sur le vélo.
Le verre se choisit une fois pour toutes
Sur l’optique, six tests sont enthousiastes et un réservé, parmi les sept qui en parlent : pas de distorsion, des contrastes renforcés, une route qui se lit mieux en plein soleil. Un test en fait sa référence pour juger les autres verres. La polyvalence, elle, divise : quatre tests la jugent polyvalente, deux non, et ils ne parlent pas de la même chose.
Ceux qui la trouvent polyvalente parlent des sports et des moments. Ils l’ont portée en course, sur route, en VTT, en gravel, et l’ont gardée sur le nez en terrasse après la sortie. Son dessin, plus discret qu’une grande lunette de vélo, passe au café sans détonner, même si un test doute qu’il passe pour aller faire les courses.
Ceux qui la trouvent limitée parlent de la lumière. La Blades n’a qu’un verre, et il ne se démonte pas : deux tests le regrettent, l’un parce qu’il aurait voulu y monter un verre clair pour les jours gris. La teinte que vous choisissez à l’achat est donc celle que vous garderez par tous les temps.
Le test réservé sur l’optique vise le verre plus que la lunette. Le Prizm Sapphire, le verre bleu miroir, est superbe en plein soleil, mais l’un d’eux le déconseille dès que le ciel se couvre ou qu’il pleut, et le réserve aux beaux jours. Un testeur pourtant conquis va dans le même sens : il recommande le Prizm Road à qui veut avant tout bien voir, parce que le Sapphire perd un peu quand la lumière baisse.
Pour ne pas avoir à choisir, il reste la version photochromique, dont le verre fonce tout seul au soleil et s’éclaircit à l’ombre. Le testeur qui l’a portée la trouve rapide et franche, assez pour oublier que le verre ne se change pas, et la recommande de l’automne au printemps.
Si vous sortez surtout en plein soleil, le Prizm Road ou le Sapphire vous suffiront. Si vous courez à l’aube, sous les arbres ou par ciel changeant, prenez le photochromique ou un verre plus clair : vous ne pourrez pas corriger ce choix plus tard.
Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas
Elle est faite pour vous si vous courez et que vous voulez une lunette qui ne pèse rien, qui ne bouge pas et qui vous laisse voir de tous côtés. Elle convient aussi si vous avez un visage plutôt fin, que les grandes lunettes de sport débordent, ou si vous voulez une seule paire pour le sport et la ville.
Elle est faite pour vous aussi si vous roulez sur route ou en gravel et que l’essai sur votre visage est concluant. Le champ de vision en position basse est son meilleur argument à vélo.
Elle ne l’est pas si vous changez de verre selon la météo : il n’y en a qu’un, et il ne se démonte pas. Prenez une lunette à verres interchangeables, ou choisissez le photochromique.
Elle ne l’est pas non plus si vous roulez beaucoup sur des routes cassantes et que vous voulez une paire qui reste plaquée sans y penser. Une lunette à monture, même partielle, serrera plus fort.
Pour le reste, c’est une paire que les testeurs aiment porter, et qu’ils finissent par oublier.
Le détail, dimension par dimension
Voir les 7 dimensions comptées, dont 2 qui font débat
- 100
Confort de port
10 pour · 0 contre
- 63
Tenue en mouvementavis partagés
5 pour · 3 contre
- 67
Polyvalence d'usageavis partagés
4 pour · 2 contre · 1 sans avis tranché
- 86
Clarté optique
6 pour · 1 contre
- 100
Champ de vision
7 pour · 0 contre
- 100
Protection
7 pour · 0 contre
- 100
Buée et ventilation
5 pour · 0 contre
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