Avis

Avis Julbo Fury Reactiv : le verre qui suit la lumière

  • 10 min de lecture
  • 30 tests analysés

Nous avons lu les 30 tests publiés sur la Julbo Fury Reactiv et compté ce que chacun en dit. Chaque note est la part des testeurs qui en disent du bien : 100, aucun ne critique ce point ; 20, presque tous le critiquent. Le Runstameter fait le même compte, tous critères confondus.

Comment nous comptons

L’essentiel, d’après 30 tests

Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.

Ce qui divise les testeurs

  • Rapport qualité-prix10 pour, 7 contre

Ce qui fait consensus

  • Confort de port29 pour, 0 contre
  • Buée et ventilation26 pour, 1 contre
  • Tenue en mouvement26 pour, 0 contre
  • Clarté optique24 pour, 0 contre
  • Protection20 pour, 0 contre

La Fury est une lunette à écran unique, haut et enveloppant, montée sur une monture de 25 g dont le verre ne touche le cadre qu’au niveau du nez. Julbo l’a dessinée pour le VTT, et c’est là qu’elle a été le plus éprouvée. Avec le verre Reactiv 0-3, un verre photochromique (il fonce tout seul au soleil et s’éclaircit à l’ombre), elle devient une paire qu’on garde de l’aube au plein soleil : transparente au départ, foncée en crête, sans rien changer.

Sur l’essentiel, les testeurs ne trouvent rien à reprendre : elle se fait oublier sur le nez, elle ne bouge pas, et l’on voit net à travers. Les réserves sont ailleurs, et elles sont précises : un verre moins rapide qu’on ne le dit quand on plonge sous les arbres, une ventilation qui compte sur la vitesse, un maintien serré qui ne convient pas à toutes les têtes. En forêt, à l’aube ou jusqu’à la nuit, c’est l’une des paires les plus simples à vivre. Pour un glacier, cherchez ailleurs.

Ce que le verre Reactiv ajoute à la monture Fury

La Fury se vend avec plusieurs verres sur la même monture. En Spectron, un verre teinté fixe, elle coûte 110 €. En Reactiv 0-3, 170 €. Une partie des tests a d’ailleurs été faite avec un verre fixe : sur le confort, la tenue ou la ventilation, leurs jugements valent pour cette paire, puisque la monture est la même. Sur la photochromie, ce changement de teinte automatique, seuls comptent ceux qui ont porté le Reactiv.

Ces 60 € achètent un verre qui passe de 87 % à 12 % de lumière transmise selon l’ensoleillement. Au repos, il est complètement transparent : un test le recommande pour les sorties de nuit, un autre pour les épreuves d’endurance qui enchaînent le jour et la nuit. En plein soleil, il atteint la catégorie 3. Les verres solaires se classent de 0, transparent, à 4, le plus sombre : la catégorie 3 est celle des lunettes de soleil courantes, faite pour le plein soleil.

Julbo Fury Reactiv 0-3, verre au repos

La précision « 0-3 » compte. Julbo vend aussi un Reactiv 1-3, qui ne devient jamais tout à fait clair : un testeur qui l’a porté le décrit très transparent, mais jamais au niveau 0. Si vous courez tôt le matin ou tard le soir, c’est le 0-3 qu’il vous faut.

Légèreté, tenue, protection, optique : l’unanimité

La légèreté d’abord, que personne ne prend en défaut, et le confort avec elle. À 25 g pour un écran de 131 mm de large, la paire surprend au premier port, puis disparaît. Les mots qui reviennent sont ceux d’un objet qu’on oublie : on la garde une journée de randonnée, on conduit avec au retour, on la remonte sur la tête sans la sentir. Les plaquettes et les embouts en caoutchouc souple ne marquent pas le nez et n’accrochent pas les cheveux.

La tenue ensuite, sans une voix contre. En descente de VTT, sur sentier cassant, en course à pied, elle reste où on l’a posée, même quand on transpire beaucoup. Les branches courtes passent sous tous les casques essayés, sans toucher les sangles.

Puis la protection. L’écran descend bas sous les yeux et enveloppe le visage : il arrête le vent, la pluie, les insectes et les branches, et il coupe la réverbération du sol.

L’optique enfin. Aucune distorsion, même sur les bords, des couleurs naturelles, des contrastes bien dessinés sur le sentier, et un traitement extérieur qui fait perler la pluie. Un test place le Reactiv au niveau des meilleurs verres du marché.

Vous cherchez une paire légère, qui ne bouge pas et à travers laquelle on voit bien ? Sur ces quatre points, la Fury ne vous décevra pas. Le reste se joue sur des usages précis.

« Instantané » ou trente secondes, selon ce qu’on mesure

Aucun test ne juge le verre décevant dans l’ensemble. Sa vitesse de réaction, en revanche, ne se décrit pas partout de la même façon, et l’écart vient de ce que chacun mesure.

Ceux qui parlent d’un verre instantané décrivent une journée entière. On part à l’aube, on traverse un col en plein soleil, on rentre au crépuscule, et l’on n’a jamais eu à penser à la lumière. Le changement se fait sans qu’on le remarque, et c’est ce qu’ils retiennent : on ne retire jamais ses lunettes.

Ceux qui ont chronométré donnent d’autres chiffres. Un testeur compte une quinzaine de secondes pour que le verre fonce, un autre une trentaine pour qu’il fonce complètement, et environ une minute pour qu’il s’éclaircisse à nouveau. Le passage de l’ombre à la lumière est le plus rapide. L’inverse, celui qui compte quand on entre sous les arbres, prend plus longtemps.

La conséquence est simple, et deux tests l’écrivent : le verre s’adapte à la lumière dominante, pas à chaque ombre. Sur un sentier qui entre et sort de la forêt toutes les dix secondes, il trouve un réglage moyen et s’y tient. Tous deux jugent ce réglage bien choisi. Un test de VTT le trouve au contraire trop lent pour ces enchaînements. Et à l’entrée d’un tunnel, à vélo, un autre prévient qu’il faut compter un temps d’adaptation.

Vous courez surtout en forêt, entre ombre et soleil toutes les dix secondes ? Comptez sur un verre qui fait la moyenne. Sur des lumières franches et durables, il vous suivra sans que vous le remarquiez.

La ventilation tient tant que l’air circule

La Fury ne prend presque pas de buée, et c’est ce que les testeurs retiennent en premier. Le verre ne touche la monture qu’au pont du nez. Sur les côtés et en haut, un interstice de quelques millimètres laisse passer l’air, et un traitement anti-buée couvre la face intérieure. Des sorties sous la pluie, dans le brouillard, en montée de col : la plupart n’ont rien vu se former.

Julbo Fury Reactiv 0-3, verre foncé et jour entre verre et monture

Cela n’empêche pas des épisodes passagers, que décrivent aussi des testeurs satisfaits dans l’ensemble : ils arrivent quand l’air circule peu, ou quand l’effort dure et que la sueur s’accumule. Une montée lente à vélo. Une pause pour manger, où la paire s’embue avant de s’éclaircir dès qu’on repart. Une côte raide en course à pied, où la buée se forme en haut du verre, que l’on ne regarde pas puisqu’on fixe ses pieds. Trois heures d’effort continu. Un temps humide avec une intensité élevée. Ou de la sueur qui touche la face intérieure du verre, sur un visage où la monture passe près des sourcils.

C’est ce qui rend la question importante pour un coureur. La ventilation de la Fury a été éprouvée surtout à vélo, où l’air arrive vite. En course à pied, vous avancez à peu près aussi vite que dans une montée à vélo, et c’est justement dans ces montées lentes que la buée est apparue chez ceux qu’elle a gênés. Les tests faits en courant restent rassurants : l’un n’a vu aucune buée en quelques mois, même avec un masque sur le visage.

Ce système a deux revers. Le verre tient moins fermement dans la monture, qui fait un léger bruit quand on la manipule et demande un peu de soin au nettoyage.

En côte, avec beaucoup de dénivelé et par temps chaud et humide, attendez-vous à un voile passager en haut du verre. En terrain plus roulant, la question ne se pose presque pas.

Un maintien serré, que certaines têtes paient

La tenue de la Fury ne se discute pas, et elle a une contrepartie. La monture serre. La plupart ne le remarquent pas. Un test le décrit franchement : la paire est très sûre, mais pas la plus confortable de celles qu’il a comparées, et le serrage finit par se sentir sur les côtés de la tête lors d’un port prolongé.

Julbo Fury Reactiv 0-3, trois quarts arrière

Ce qui sépare les deux camps, c’est la largeur de la tête plus que la taille du visage. La monture fait 135 mm de large, une largeur moyenne : l’écran est haut, mais il ne déborde pas sur les côtés. Un test, sur un visage fin, la trouve parfaite pour cette raison, et d’autres, qui trouvent d’habitude les grands écrans trop grands pour eux, disent la même chose. Un testeur l’a même prêtée à un coureur au visage large, à qui elle allait aussi. Le serrage se sent surtout sur les têtes larges, et au-delà de quelques heures.

Deux détails de fabrication pèsent dans le même sens. Le pont nasal est un coussinet moulé, sans plaquettes réglables : il tombe bien ou il ne tombe pas, et un test regrette qu’il limite le nombre de visages sur lesquels la paire s’ajuste. Et la monture reste visible en vision périphérique. Deux tests s’en plaignent, dont un qui voit le haut du cadre passer dans son champ de vision. Un autre la remarque sans en être gêné, et la plupart jugent le champ de vision très large.

Si vous avez la tête large ou si vous portez vos lunettes plus de quatre heures d’affilée, essayez-la avant d’acheter. Sur une sortie de deux heures, le serrage ne fait que la tenir en place.

Neige, glacier, plein été : là où le 0-3 s’arrête

Le verre monte à la catégorie 3, pas plus. Pour la plupart des usages, c’est suffisant. Pour un glacier, où la catégorie 4 est de rigueur, ce ne l’est pas, et les testeurs montagnards le rappellent. Un testeur espère un jour une version catégorie 4 pour la garder l’hiver en ski de randonnée.

La limite se sent aussi en plein été. Un test apprécie un verre très lumineux, et en voit le revers en montant un col sous un soleil fort, où il aurait voulu plus sombre.

La lecture du relief, elle, se juge surtout sur le sentier, où les vététistes louent la netteté des contrastes.

En montagne l’été, sur sentier et sous le soleil, la Fury couvre tout. Pour la neige et le glacier, prévoyez une autre paire.

Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas

La plupart des tests ont été faits à vélo, et surtout à VTT. Ceux qui l’ont portée en courant disent la même chose sur l’essentiel : aucun mouvement de la paire en course comme à vélo, aucun besoin de la remettre en place, un confort qui tient sur des distances allant jusqu’au semi-marathon. Un testeur l’a portée en trail avec de constants changements de rythme, et la juge très confortable pour la course à pied.

Elle vous conviendra si vous courez en trail, surtout sous couvert forestier, si vos sorties commencent avant le lever du jour ou finissent après le coucher, ou si vous préparez une épreuve qui se prolonge dans la nuit. Une seule paire, un seul verre, et plus jamais la question de la teinte. Elle vous conviendra aussi si vous roulez : c’est là qu’elle a fait ses preuves.

Elle vous conviendra moins si vous cherchez une lunette de glacier, si vous avez la tête large et des sorties très longues, ou si vous courez surtout en côte raide par temps lourd, où la ventilation perd de son avance. Et si vous cherchez une paire discrète pour la ville, son écran large a un style très marqué.

Le prix, lui, partage les testeurs : dix le jugent justifié, sept le trouvent élevé. Ils ne comparent pas à la même chose. Ceux qui le défendent la mettent face aux autres lunettes de sport haut de gamme, qui coûtent autant ou davantage, et comptent sur sa solidité pour l’amortir sur plusieurs années. Ceux qui le critiquent regardent l’écart avec la même monture en verre fixe, que le Reactiv rend nettement plus chère, et l’étui livré avec : une pochette souple, que plusieurs trouvent chiche pour ce prix. À 170 €, si vous courez dans des lumières changeantes, c’est le verre qui justifie la dépense. Si vous courez toujours en plein soleil, la Fury en Spectron vous donnera la même monture pour 60 € de moins.

Le détail, dimension par dimension

Voir les 8 dimensions comptées, dont 1 qui fait débat
  • 100

    Confort de port

    29 pour · 0 contre · 1 sans avis tranché

  • 96

    Buée et ventilation

    26 pour · 1 contre · 1 sans avis tranché

  • 100

    Tenue en mouvement

    26 pour · 0 contre

  • 100

    Clarté optique

    24 pour · 0 contre · 1 sans avis tranché

  • 59

    Rapport qualité-prixavis partagés

    10 pour · 7 contre · 3 sans avis tranché

  • 100

    Protection

    20 pour · 0 contre

  • 89

    Champ de vision

    17 pour · 2 contre

  • 94

    Polyvalence d'usage

    16 pour · 1 contre

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