Vous hésitez entre la Puma Deviate Nitro 3 et l’Adidas Evo SL, et elles visent bien le même coureur : celui qui veut une seule paire pour ses sorties longues et ses séances rapides, sans payer le prix d’une chaussure de compétition. Les tests les trouvent l’une et l’autre vives, bien amorties et confortables.
Ce qui les sépare se trouve dans la semelle et autour du pied. La Deviate Nitro 3 cache une plaque en carbone qui la rend plus stable, et son caoutchouc accroche mieux et s’use moins : c’est surtout ce qui explique sa note d’ensemble un peu plus haute. L’Evo SL n’a pas de plaque. Elle est nettement plus légère et plus large à l’avant, et elle coûte 20 € de moins au catalogue.
C’est donc votre pied qui décide en premier. S’il est large, prenez l’Evo SL, parce que la Deviate est étroite et qu’aucun laçage n’y changera rien. S’il est fin ou normal, le choix tient à ce que vous attendez de vos sorties. Pour courir léger et aller vite, l’Evo SL vous fera plus plaisir. Pour une chaussure stable, qui accroche sous la pluie et dure longtemps, la Deviate est le meilleur choix.
Les caractéristiques
| Deviate Nitro 3 | Evo SL | |
|---|---|---|
| Poids homme | 268 g | 217 g✓ |
| Poids femme | 234 g | 201 g✓ |
| Hauteur au talon | 39 mm | 39 mm |
| Hauteur à l’avant | 29 mm | 32 mm |
| Drop | 10 mm | 6 mm |
| Plaque | Carbone | Aucune |
| Sortie | 2024 | 2024 |
| Prix catalogue | 170 € | 150 €✓ |
Fiches des marques. La coche signale la valeur la plus légère ou la moins chère.
Une plaque carbone d’un côté, 51 grammes de moins de l’autre
Une plaque est une lame raide noyée dans la mousse : elle fléchit sous le pied à chaque foulée, puis se redresse et le renvoie vers l’avant. Celle de la Deviate Nitro 3 est en carbone et prise entre deux couches de mousse, une couche souple au contact du pied et une couche plus ferme sous la plaque. Puma y ajoute un talon nettement plus haut que l’avant, de 10 mm, l’écart qu’on appelle le drop.
L’Evo SL fait sans. Sa semelle est faite de Lightstrike Pro, la mousse des chaussures de compétition d’Adidas, avec pour seul renfort une petite pièce en plastique sous la voûte, le creux du pied, qui raidit un peu le milieu de la semelle. Son drop est plus faible, 6 mm annoncés, et elle pèse 51 g de moins en taille homme.
Plaque ou pas de plaque : ce choix explique presque tout ce qui suit. La plaque et la couche ferme donnent à la Deviate son assise, mais aussi son poids. Sans plaque, l’Evo SL est légère et libre, en revanche rien ne retient le pied quand il part sur le côté. Au pied, la Deviate n’est pas plus dure pour autant : ses testeurs la trouvent même plutôt plus moelleuse que l’Evo SL.
Un pied large tient dans l’Evo SL, pas dans la Deviate Nitro 3
C’est le premier tri, et il est net. Dix-sept testeurs trouvent l’avant de la Deviate étroit, contre huit qui y ont assez de place, et au milieu du pied, presque tous la jugent serrée. La place manque aussi en hauteur, au-dessus des orteils. Sept tests conseillent de prendre une demi-pointure de plus, et la plupart précisent que c’est la largeur qui l’impose.
L’Evo SL chausse à l’inverse. Ses testeurs y trouvent de la place devant à de rares exceptions près, et plusieurs d’entre eux, qui ont le pied large, ne s’y sont pas sentis serrés. Sa tige, la partie en tissu qui enveloppe le pied, a pourtant un défaut : la languette n’est pas cousue sur les côtés et glisse en courant, ce qui oblige à la remettre en place avant de partir.
La tige de la Deviate, elle, respire moins bien. La majorité de ses testeurs ne s’en plaignent pas, mais six la trouvent chaude, et la plupart d’entre eux en accusent son tissu tricoté ou son rembourrage épais, alors que le tissu très fin de l’Evo SL ne reçoit que deux critiques sur ce point.
Vous chaussez large, ou vous avez déjà eu mal aux orteils dans une chaussure ajustée ? L’Evo SL est la seule des deux qui vous ira. Avec un pied fin, la tige serrée de la Deviate devient au contraire un atout, parce qu’elle maintient bien le pied quand vous accélérez. Avec un pied de largeur normale, essayez la Deviate avant de l’acheter, ou montez d’une demi-pointure.
La plaque rend la Deviate Nitro 3 plus sûre à chaque appui
Une fois la question du pied réglée, la stabilité est l’écart qui pèse le plus. La Deviate rassure une large majorité de ses testeurs, alors que ceux de l’Evo SL sont presque aussi nombreux à la trouver instable qu’à la juger stable.
La raison tient à ce qui se trouve sous le pied. Sur la Deviate, plusieurs tests attribuent cette assise à la plaque, qui raidit la semelle, et à la couche ferme posée en dessous, qui ne s’écrase pas sur le côté. Trois d’entre eux la trouvent sûre jusque dans les virages pris vite. La mousse de l’Evo SL monte aussi haut, mais rien ne la raidit, et la semelle est même creusée sous la voûte, côté intérieur. Plusieurs testeurs disent avoir senti leur pied partir sur le côté dans les changements de direction ou quand l’allure monte, et certains en accusent aussi la tige, trop souple pour le retenir.
Cela ne fait pas pour autant de la Deviate une chaussure de soutien. Ses critiques visent un point précis : le milieu de sa semelle reste étroit, et sur une mousse aussi haute, un pied qui s’affaisse vers l’intérieur à chaque appui, un mouvement qu’on appelle la pronation, n’y trouve aucun renfort.
Avec une foulée qui ne s’affaisse pas, vous serez donc plus serein dans la Deviate, surtout dans les virages et en fin de sortie, quand la fatigue relâche votre foulée et que la plaque continue de tenir la semelle. Un pied qui s’affaisse nettement, lui, ne sera retenu par aucune des deux.
Pour accélérer, les 51 grammes de moins de l’Evo SL se sentent
L’Evo SL est jugée légère par presque tous ses testeurs, et vive sans réserve notable. La Deviate divise davantage sur son poids. Deux tests comparent directement les deux chaussures et tranchent dans le même sens : la Puma se sent plus lourde, l’Adidas plus libre et plus amusante à courir.
Ce poids compte surtout quand l’allure monte. Plusieurs critiques de la Deviate sur sa polyvalence le disent : elle tient bien les sorties longues, mais elle est moins à l’aise dans les séances les plus rapides, comme le fractionné, ces répétitions courtes à haute vitesse. L’Evo SL passe du footing à la piste sans qu’on lui reproche grand-chose.
Sur la distance, les deux tiennent une sortie longue, et la plupart des tests les y destinent. Toutes deux servent souvent à préparer un marathon, et ce qui les limite sur 42 km n’est pas leur amorti. Quelques tests arrêtent l’Evo SL au semi-marathon, parce qu’elle n’a pas de renfort pour tenir le pied quand la fatigue dérègle la foulée. Sur la Deviate, la limite vient de son chaussant, c’est-à-dire de sa forme intérieure : un test prévient que son milieu étroit devient serré en fin de sortie longue, quand le pied a gonflé.
Le cœur de votre semaine est une séance de fractionné ou de tempo, une allure soutenue qu’on tient longtemps ? Prenez l’Evo SL. Pour enchaîner des sorties longues avec des portions courues à votre allure de marathon, la Deviate fait aussi bien qu’elle.
Sous la pluie et sur la durée, la semelle de la Deviate fait la différence
Puma couvre la semelle de la Deviate d’une gomme maison, la PUMAGRIP, et sur route aucun test ne lui trouve de défaut d’adhérence, sur le sec comme sous la pluie. L’Evo SL accroche bien sur le sec, mais plusieurs testeurs ont glissé sur route humide. L’un d’eux a senti ses pieds partir aux ravitaillements d’une course, là où le sol était mouillé.
La même gomme protège la Deviate de l’usure. La plupart de ses testeurs n’ont presque rien vu s’abîmer, et l’un d’eux, qui a trouvé sa semelle à peine marquée après 150 km, estime qu’elle en tiendra 800 sans perdre sa vivacité. Trois tests émettent une réserve : la gomme du talon déjà marquée après 100 km, de la mousse laissée sans gomme sous une partie de la semelle, et un caoutchouc qui s’est creusé plus que la moyenne lors d’un test d’usure en laboratoire.
Sur l’Evo SL, les testeurs rassurés restent majoritaires, mais les inquiets sont bien plus nombreux. Adidas n’a posé de caoutchouc que sous les points d’appui, et ailleurs la mousse touche directement le sol, où elle se raye et se perce sur les cailloux et le verre. Plusieurs testeurs ont vu l’arrière de la semelle s’user tôt, certains dès quelques dizaines de kilomètres, d’autres après deux ou trois cents.
Pour courir en ville par tous les temps, ou garder votre paire plus d’une saison, la Deviate a l’avantage. Avec l’Evo SL, gardez de la marge sur le sol mouillé.
Bien amorties et confortables, aucune des deux ne déçoit
Sur l’essentiel, les deux chaussures se valent. Leur amorti est jugé généreux, leur confort ne fait presque pas débat, et toutes deux relancent bien quand vous accélérez, même si l’Evo SL le fait avec moins de poids au pied. La Deviate ne reçoit aucune critique sur la protection des articulations, et l’Evo SL en reçoit trois, de tests qui la trouvent, plus légère, un peu moins protectrice pour les jambes.
Le prix ne pose guère de problème non plus. La Deviate offre une plaque carbone à 170 € au catalogue, et ses testeurs la comparent volontiers à des chaussures à plaque bien plus chères. Personne ne trouve l’Evo SL trop chère pour ce qu’elle offre.
Laquelle choisir
Prenez l’Evo SL si votre pied est large ou si vous aimez avoir de la place devant, et si vos séances rapides comptent autant que vos sorties longues. Vous aurez une chaussure plus légère et plus joueuse, à condition d’accepter qu’elle soit moins stable dans les virages, que sa semelle s’use plus vite et qu’elle glisse davantage sous la pluie.
Prenez la Deviate Nitro 3 si votre pied est fin ou normal et que vous voulez une chaussure stable, dans les virages comme à la fin d’une longue sortie. Sa plaque lui donne une assise que l’Evo SL n’a pas, et sa semelle accroche sur toutes les routes et durera plus longtemps. Elle est plus lourde quand vous accélérez, et sa tige peut tenir chaud en été. Pensez à l’essayer avant, ou à prendre une demi-pointure de plus.
Pour un marathon, la plupart des tests jugent les deux capables d’aller au bout, et ce sont les mêmes critères qui tranchent : la Deviate devient vite serrée si votre pied gonfle sur la fin, et l’Evo SL vous retient moins quand la fatigue dérègle votre foulée.
Si votre pied s’affaisse nettement vers l’intérieur à chaque appui, aucune des deux ne vous conviendra : elles sont neutres, et une chaussure conçue pour la pronation vous rendra davantage service.
Où les acheter
Le détail, critère par critère
Voir les 12 critères comptés, côte à côte
Polyvalence d'allures
Deviate Nitro 38437 pour · 7 contreEvo SL9559 pour · 3 contre · 2 sans avis tranchéDynamisme / retour d'énergie
Deviate Nitro 39235 pour · 3 contre · 7 sans avis tranchéEvo SL9860 pour · 1 contre · 2 sans avis tranchéConfort général
Deviate Nitro 39538 pour · 2 contre · 2 sans avis tranchéEvo SL9351 pour · 4 contre · 6 sans avis tranchéStabilité
Deviate Nitro 37626 pour · 8 contre · 1 sans avis tranchéEvo SL5225 pour · 23 contre · 11 sans avis tranchéavis partagésAccroche sur route
Deviate Nitro 310042 pour · 0 contreEvo SL8637 pour · 6 contre · 4 sans avis tranchéRapport qualité-prix
Deviate Nitro 39223 pour · 2 contre · 2 sans avis tranchéEvo SL10052 pour · 0 contre · 1 sans avis tranchéQuantité d'amorti
Deviate Nitro 39627 pour · 1 contre · 2 sans avis tranchéEvo SL9236 pour · 3 contreDurabilité de la semelle externe
Deviate Nitro 38823 pour · 3 contre · 1 sans avis tranchéEvo SL7127 pour · 11 contre · 2 sans avis tranchéavis partagésRespirabilité
Deviate Nitro 37518 pour · 6 contreavis partagésEvo SL9535 pour · 2 contreMaintien du talon
Deviate Nitro 38325 pour · 5 contreEvo SL9121 pour · 2 contre · 1 sans avis tranchéProtection des articulations
Deviate Nitro 31006 pour · 0 contreEvo SL8315 pour · 3 contre · 2 sans avis tranchéAccroche hors route
Deviate Nitro 3574 pour · 3 contre · 2 sans avis tranchéavis partagésEvo SL213 pour · 11 contre


