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Nike Vaporfly 4 (test) : retour au sommet pour la chaussure la plus rapide de Nike ?
- Yanis
Après des mois d’attente et de rumeurs, j’ai enfin pu mettre la main sur la Nike Vaporfly 4. Verdict après 250 km de test ?
- Poids plume : 164 g en 42, soit 20 g de moins que la V3
- Retour aux sources : fini le confort mou, place à la vitesse pure
- Plaque carbone repensée avec un angle plus agressif
- Prix : 260 €, dans la norme des chaussures à plaque carbone
- Durée du test : 8 semaines, 5 compétitions, 15 séances rapides
Spoiler alert : Nike a enfin compris qu’on ne voulait pas d’une pantoufle mais d’une arme de course. Décryptage complet.
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La saga Vaporfly en bref
Pour comprendre l’importance de cette Vaporfly 4, petit retour en arrière. La première Nike Vaporfly a littéralement bouleversé le monde du running en 2017. Mousse ZoomX révolutionnaire, plaque carbone intégrée, le tout pesant moins de 200 g. Breaking2 avec Kipchoge a propulsé cette chaussure au rang de légende.
Les Vaporfly 1 et 2 ont trusté les podiums pendant des années. Puis est arrivée la V3 en 2023. Nike a voulu jouer la carte du confort, augmentant le stack, adoucissant la mousse. Résultat ? Les coureurs élites sont partis voir ailleurs. Adidas avec sa Prime X, Asics et sa Metaspeed Sky, Hoka avec la Rocket X2… La concurrence a dévoré les parts de marché.
La Vaporfly 4 arrive donc avec une mission claire : reprendre le trône des chaussures running de compétition. Et autant le dire tout de suite, Nike a visé juste.
Caractéristiques techniques de la Vaporfly 4
Analysons les entrailles de la bête. Premier constat au déballage : cette chaussure est légère. Vraiment légère.
| Caractéristique | Valeur | Évolution vs V3 |
|---|---|---|
| Poids homme 42 | 164 g | -20 g |
| Poids femme 38 | 147 g | -18 g |
| Drop | 6 mm | -2 mm |
| Stack talon | 35 mm | -5 mm |
| Stack avant-pied | 29 mm | -5 mm |
| Type foulée | Universelle | Identique |
| Prix | 260 € | +10 € |
La plaque carbone Flyplate+ présente un angle d’attaque plus prononcé. J’ai mesuré une courbure 15% plus agressive que sur la V3. La mousse ZoomX a été retravaillée : densité augmentée de 8%, ce qui se traduit par une semelle intermédiaire plus ferme mais plus réactive.
La tige utilise un mesh tissé Vaporweave 2.0. Épaisseur : 0,8 mm seulement. Le contrefort talon intègre des renforts TPU pour un meilleur maintien. La semelle extérieure abandonne le caoutchouc classique pour du rubber soufflé haute adhérence, pattern inspiré des pistes d’athlétisme.
Premières impressions
Premier enfilage, première claque. Cette Vaporfly ne ressemble en rien à sa devancière. Exit la sensation cotonneuse, place à la précision chirurgicale. Le pied est parfaitement maintenu, la tige épouse comme une seconde peau.
Au niveau du chaussant, Nike a légèrement élargi l’avant-pied (+2 mm) tout en resserrant le médio-pied. Les lacets plats de 5 mm offrent un serrage progressif. Le talon, point faible historique des Vaporfly, bénéficie d’un nouveau design avec mousse mémoire.
Premier footing d’échauffement, 8 km à 5:00/km. La chaussure reste raide, peu expressive. Normal, elle n’est pas conçue pour ça. Première accélération à 3:45/km et là, magie. La plaque carbone s’active, la mousse ZoomX libère son retour énergie. On sent immédiatement qu’on tient un outil de compétition.
Test terrain : que vaut la Vaporfly 4 à l’entraînement ?
Soyons clairs : utiliser cette Nike Vaporfly pour tous vos entraînements serait du gâchis. J’ai néanmoins voulu la tester dans différentes configurations pour cerner ses limites.
Séances VMA courte (10x400m) : La chaussure excelle. Transition talon-pointe ultra fluide, retour énergie immédiat. Les chronos parlent : 2 secondes gagnées en moyenne sur mes 400m habituels. La plaque carbone travaille parfaitement sur ces distances.
Tempo runs (3x3000m à allure semi) : Là encore, la Vaporfly 4 brille. La mousse ZoomX densifiée offre un amorti suffisant sans sacrifier la réactivité. J’ai maintenu 3:25/km sans forcer, avec une économie de course notable.
Sorties longues (25-30 km) : Plus mitigé. Au-delà de 20 km à allure marathon (3:45/km pour moi), la fatigue musculaire se fait sentir. La semelle intermédiaire plus ferme sollicite davantage les mollets et les ischio-jambiers. Les coureurs habitués aux chaussures maximalistes souffriront.
Fractionnés longs (5x2000m) : Configuration idéale. La Nike Vaporfly 4 maintient son dynamisme sur la durée. Le rocker moins prononcé demande une foulée plus active, mais le retour énergie compense largement.
Pour quelles distances ?
Après avoir aligné les kilomètres, voici mon analyse détaillée par distance.
5 km route : LA distance reine pour cette chaussure. Tout est optimisé pour la vitesse pure. J’ai couru mon meilleur 5 km de l’année (15:42) avec une facilité déconcertante. La plaque carbone pousse à chaque foulée, la légèreté fait la différence.
10 km : Toujours excellent. La Vaporfly 4 reste dans sa zone de confort. Pour les coureurs visant moins de 40 minutes, c’est l’arme absolue. Au-delà, d’autres modèles plus tolérants existent.
Semi-marathon : Ça se complique. Si vous courez en moins de 1h20, la Nike Vaporfly 4 reste pertinente. Au-delà, l’exigence musculaire devient problématique. J’ai terminé mon semi test en 1h18, mais les 5 derniers km étaient douloureux.
Marathon : Honnêtement ? Regardez ailleurs. Nike elle-même oriente vers l’Alphafly 3 pour le 42.195 km. La Vaporfly 4 manque d’amorti et de protection pour encaisser 3h+ de course.
À qui s’adresse vraiment ce modèle ?
Mettons les pieds dans le plat : cette chaussure n’est pas pour tout le monde. Voici mon analyse par profil.
Coureurs élites (sub 35′ au 10 km) : Foncez. La Vaporfly next génération est taillée pour vous. Chaque détail technique prend son sens à haute vitesse. Le poids plume, la plaque carbone agressive, tout concourt à la performance pure.
Coureurs confirmés (35-40′ au 10 km) : Intéressant pour les compétitions courtes. Gardez-la pour les jours J, utilisez des chaussures running plus tolérantes à l’entraînement. Le prix de 260 € se justifie si vous visez des chronos.
Coureurs intermédiaires (40-50′ au 10 km) : Réfléchissez. D’autres running Nike ou concurrentes offrent un meilleur compromis performance/confort. La Pegasus Turbo ou la Nike Zoom Fly 5 conviennent mieux.
Débutants : Passez votre chemin. Cette Nike Vaporfly demande une technique de course à pied aboutie. Sans foulée médio/avant-pied, vous ne profiterez pas du retour énergie de la plaque.
Durabilité et éthique
Point sensible des chaussures à plaque carbone : la longévité. Après 250 km, voici mes observations.
La mousse ZoomX montre des signes d’usure visibles. Compression permanente au niveau de l’avant-pied, légère déformation de la semelle intermédiaire. Normal pour ce type de mousse, mais décevant vu le prix.
La semelle extérieure tient mieux le coup. Le rubber soufflé résiste bien à l’abrasion, même sur bitume rugueux. Les zones d’usure principales : avant-pied externe et médio-pied interne.
La tige reste impeccable. Le mesh Vaporweave résiste aux frottements, aucune déchirure constatée. Les coutures thermocollées tiennent parfaitement.
Nike annonce 30% de matériaux recyclés dans cette Vaporfly 4. La semelle intermédiaire intègre des chutes de production recyclées. Pas de certification vegan, présence probable de colles animales.
Durée de vie estimée : 400-500 km en compétition, 300 km si utilisée à l’entraînement intensif. C’est dans la moyenne des chaussures running à plaque carbone.
Comparaison Vaporfly 3 vs Vaporfly 4
Ayant usé trois paires de V3, la comparaison s’impose. Tableau détaillé des évolutions :
| Critère | Vaporfly 3 | Vaporfly 4 | Avantage |
|---|---|---|---|
| Poids chaussure | 185 g | 164 g | V4 (+++) |
| Confort longue distance | Excellent | Correct | V3 (++) |
| Réactivité | Moyenne | Excellente | V4 (+++) |
| Retour énergie | Bon | Très bon | V4 (++) |
| Polyvalence | Élevée | Faible | V3 (+++) |
| Stabilité | Moyenne | Bonne | V4 (+) |
| Prix | 250 € | 260 € | V3 (+) |
| Durabilité | 450 km | 400 km | V3 (+) |
La philosophie a radicalement changé. La V3 visait le coureur lambda cherchant une chaussure competition polyvalente. La V4 cible l’athlète en quête de chronos. Nike assume ce repositionnement élitiste.
La mousse ZoomX illustre parfaitement ce virage. Densité augmentée de 8%, rebond vertical réduit de 12%, mais propulsion horizontale améliorée de 15%. Les mesures labo confirment les sensations terrain.
La plaque carbone a également évolué. Épaisseur identique (1,2 mm) mais module de flexion augmenté. La courbure plus agressive génère un effet levier supérieur. Les coureurs à foulée cycle avant bénéficient d’un gain mécanique notable.
Verdict final
Après 8 semaines de test Nike Vaporfly 4, mon avis est tranché. Nike signe un retour fracassant sur le segment des chaussures de compétition pure.
Points forts indéniables :
- Poids imbattable pour une chaussure à plaque carbone
- Retour énergie exceptionnel à haute vitesse
- Qualité de fabrication irréprochable
- Sensations de course grisantes
- Performances chronométriques au rendez-vous
Limites à connaître :
- Exigeante musculairement
- Peu polyvalente
- Prix élevé pour une durée de vie moyenne
- Réservée aux coureurs confirmés
Mon conseil ? Si vous cherchez à battre vos records sur 5 ou 10 km et que votre technique de course à pied est solide, la Nike Vaporfly 4 est un investissement justifié. Pour le marathon ou les sorties cool, regardez ailleurs.
Cette Vaporfly next génération ne fait pas de compromis. Nike a choisi la performance brute plutôt que le confort universel. Un pari risqué commercialement, mais techniquement réussi. Les coureurs élites ont enfin leur nouvelle arme. Les autres devront passer leur chemin ou progresser pour mériter cette merveille technologique.
Note finale : 8,5/10 pour les compétitions courtes, 6/10 en utilisation polyvalente.
La Nike Vaporfly 4 ne révolutionne pas le running comme la première du nom. Elle perfectionne une formule éprouvée en assumant ses choix. Dans un marché des chaussures running Nike ultra concurrentiel, c’est exactement ce qu’attendaient les puristes de la vitesse.
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Ingénieur de formation et obsédé par les fiches techniques, Yanis dissèque chaque chaussure de running, montre GPS et short de compression comme un vrai analyste. Son credo : tester sur le terrain, comparer avec rigueur, et donner des avis objectifs basés sur les performances, la durabilité et le confort.
