Avis

Nike Vaporfly 4 : notre avis sur une Vaporfly amaigrie

  • 10 min de lecture
  • 33 tests analysés

Nous avons lu les 33 tests publiés sur la Nike Vaporfly 4 et compté ce que chacun en dit. Chaque note est la part des testeurs qui en disent du bien : 100, aucun ne critique ce point ; 20, presque tous le critiquent. Le Runstameter fait le même compte, tous critères confondus.

Comment nous comptons

L’essentiel, d’après 33 tests

Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.

Ce qui divise les testeurs

  • Maintien du talon9 pour, 11 contre
  • Polyvalence d'allures6 pour, 12 contre
  • Quantité d'amorti7 pour, 8 contre
  • Protection des articulations5 pour, 8 contre
  • Rapport qualité-prix2 pour, 5 contre

Ce qui est critiqué

  • Durabilité de la semelle externe10 contre, 2 pour

Ce qui fait consensus

  • Dynamisme / retour d'énergie29 pour, 0 contre
  • Confort général21 pour, 2 contre
  • Respirabilité14 pour, 1 contre
  • Accroche sur route12 pour, 1 contre

Le caractère de la chaussure

Ces curseurs ne sont pas des notes : aucun des deux côtés n’est meilleur que l’autre. Ils montrent de quel côté la chaussure penche, selon les testeurs qui en parlent.

  • Poids ressenti

    lourdléger

    32 testeurs sur 32 la placent côté léger

  • Distance à laquelle la chaussure convient

    courtes distanceslongues distances

    20 testeurs sur 25 la placent côté courtes distances

  • Fermeté de la mousse

    moelleuxferme

    11 testeurs sur 18 la placent côté fermeavis partagés

  • Largeur à l'avant-pied

    étroitlarge

    15 testeurs sur 16 la placent côté étroit

  • Géométrie du déroulé

    platrocker prononcé

    9 testeurs sur 15 la placent côté rocker prononcéavis partagés

  • Largeur au médio-pied

    étroitlarge

    9 testeurs sur 12 la placent côté étroitavis partagés

  • Foulée à laquelle la chaussure convient

    talonavant-pied

    10 testeurs sur 11 la placent côté avant-pied

La Vaporfly 4 est une chaussure de compétition qui a maigri partout. Nike a retiré cinq millimètres de mousse au talon et trois à l’avant, abaissé le drop, l’écart de hauteur entre le talon et l’avant-pied, de 8 à 6 mm, aminci la tige (le dessus textile de la chaussure) et la semelle extérieure, pour arriver à 164 g en 42. C’est la Vaporfly la plus légère jamais produite, et celle qui vous laisse le plus près du sol.

Ce qu’elle gagne en vivacité, elle le perd en tolérance. Elle vous renvoie une énergie que personne ne conteste, elle accroche sous la pluie, elle se fait oublier au pied. Et elle devient exigeante dès que l’allure baisse, dès que la distance s’allonge, et dès que la route dure plus longtemps que ses quelques dizaines de kilomètres de gomme.

Si vous courez un 10 km ou un semi plus vite que 4 min 30 au kilomètre, elle fait partie de ce qui se fait de mieux aujourd’hui. Si vous visez un marathon en plus de trois heures, ou si vous cherchez une paire qui serve aussi à l’entraînement, elle n’est pas pour vous.

Nike a retiré cinq millimètres de mousse, et tout part de là

La Vaporfly 3 mesurait 40 mm au talon et 32 mm à l’avant. La 4 descend à 35 et 29. Le drop passe donc de 8 à 6 mm, plusieurs tests le relèvent et la fiche technique le confirme.

Nike Vaporfly 4 vue de profil

Cinq millimètres, sur un objet qu’on tient dans la main, ce n’est rien. Sur une chaussure de course, c’est le paramètre qui commande tout le reste : la quantité de mousse sous le talon, la stabilité de la plateforme, la sensation d’appui, et jusqu’à la durée de vie de la semelle.

Nike a poussé la logique partout ailleurs. La tige a été refaite en mesh tissé, plus fin. La couche de gomme sous la semelle a été réduite. La semelle a été élargie au médio-pied, la partie centrale sous la voûte, ce que plusieurs tests relèvent en la comparant aux versions précédentes. Le résultat tient dans un chiffre : 164 g annoncés, quand les testeurs qui pèsent leur paire relèvent entre 169 et 190 g, l’écart habituel entre la pointure de référence du fabricant et celle qu’on a aux pieds.

Tous les désaccords que vous allez lire découlent de cette décision. Ce n’est pas une chaussure sur laquelle les testeurs se contredisent au hasard : c’est une chaussure sur laquelle ils réagissent différemment au même geste.

Énergie, légèreté, accroche : rien à redire

Le retour d’énergie ne prend aucune critique. C’est le socle du modèle depuis 2017, et la version 4 n’y a pas touché : la mousse ZoomX, la mousse de course de Nike, très légère et très rebondissante, et la plaque carbone, une lame rigide noyée dans la semelle qui fait levier à chaque foulée, travaillent ensemble exactement comme avant.

La légèreté fait encore mieux : tous les testeurs la trouvent remarquable. Un test résume ce que les autres décrivent : à n’importe quelle allure, la chaussure donne l’impression de ne pas être là.

L’accroche non plus ne fait pas débat : un seul test émet une réserve, et plusieurs ont couru sous la pluie pour la vérifier. Le nouveau dessin gaufré de l’avant-pied y est pour quelque chose, avec une gomme plus tendre qui se déforme sur la route.

Reste la tige, que presque tous les tests qui en parlent trouvent très respirante, et un confort que la grande majorité juge bon malgré la vocation compétition. Les rares réserves sur le confort viennent de testeurs qui l’ont imaginée sur un marathon. Pour une chaussure de course qu’on met sur un semi, c’est loin d’être un détail.

Si vous cherchiez à savoir si Nike a cassé quelque chose en allégeant, la réponse est non. Ce qui a changé se joue ailleurs.

Une mousse plus molle qui donne un appui plus ferme

Sur la fermeté, les testeurs se contredisent frontalement. Onze la trouvent ferme, sept la trouvent moelleuse.

Les deux ont raison, et la clé se trouve dans un seul test, le seul à avoir mesuré la dureté de la mousse. En laboratoire, comparée à une paire neuve de Next% 2, la mousse de la Vaporfly 4 ressort plus molle. Elle n’a pas durci. Elle s’est même assouplie.

Ce que le camp du ferme décrit, c’est donc l’appui. Avec cinq millimètres de moins sous le talon, la même mousse encaisse moins avant d’atteindre le bout de sa course, et le pied touche le fond plus vite. Un testeur le formule exactement ainsi : la hauteur reste proche de celle de la version précédente, la sensation devient plus ferme à cause de la matière retirée par endroits.

Ceux qui parlent de fermeté comparent à ce qu’ils ont aux pieds : les supermousses actuelles, ces mousses de course très épaisses et très rebondissantes, ou la Vaporfly 3. Face à elles, la 4 est effectivement sèche et directe. Ceux qui parlent de moelleux la mesurent dans l’absolu, et le ZoomX reste une des mousses les plus tendres du marché.

Concrètement, attendez-vous à une chaussure qui vous laisse sentir le sol. Si vous veniez de la Vaporfly 3 et que vous aimiez sa douceur, vous allez la trouver rêche.

Quatre minutes trente au kilomètre, la frontière

Sur la polyvalence, douze tests la jugent trop spécialisée, six la trouvent polyvalente. Ce qui les sépare, c’est le sens qu’ils donnent au mot.

Ceux qui la trouvent polyvalente parlent de distances. Ils l’utilisent du 5 km au semi, parfois jusqu’au marathon, et constatent qu’elle tient partout dans cette fourchette. Un test la décrit même comme la Vaporfly la plus polyvalente jamais sortie, précisément parce qu’elle est plus légère et plus explosive.

Ceux qui la trouvent spécialisée parlent d’allures, et trois d’entre eux ont posé un chiffre. Pour deux, la frontière est à 4 min 30 au kilomètre : plus vite, la chaussure suit ; plus lentement, elle traîne. Le rocker, cette semelle arrondie qui fait basculer le pied vers l’avant, vous pousse plus vite que vous n’allez, la plaque ne se met pas en travail, et vous vous retrouvez à porter une chaussure de course au lieu d’être porté par elle. Le troisième est plus exigeant encore : pour lui, dès que vous courez plus lentement que 4 minutes au kilomètre, elle perd nettement de son efficacité.

Un test a une image pour ça : une voiture de course coincée dans les embouteillages. À allure lente, elle est simplement déplacée.

Si vous courez vos séances entre 5 et 6 minutes au kilomètre et que vous espériez une paire à tout faire, le débat est tranché : ce n’est pas celle-là. Vos allures de compétition sont plus rapides que 4 min 30 ? Il ne vous concerne pas.

L’amorti tient jusqu’au semi, et votre poids décide du reste

Huit tests trouvent l’amorti insuffisant, sept le trouvent généreux. Là encore les deux camps décrivent la même chaussure, à deux distances différentes.

Sur 5 km et 10 km, personne ne se plaint. La protection est jugée largement suffisante, et l’un des tests mesure même une capacité d’amortissement élevée au talon. Sur marathon, le constat s’inverse nettement : la mousse est trop mince pour trois ou quatre heures de route, les jambes prennent les chocs entiers dans la deuxième moitié, et l’avant-pied à 29 mm finit par taper.

Il y a un second paramètre, moins visible : le poids du coureur. Un test réserve ce modèle aux coureurs légers, moins de 65 kg pour un homme et 55 kg pour une femme, et observe que les autres trouveront l’amorti décevant, et qu’ils feraient mieux de regarder vers une Alphafly 3 ou une Metaspeed Sky.

Croisez les deux et la règle devient simple. Coureur léger et jusqu’au semi, l’amorti fait le travail. Plus lourd, ou sur un marathon, il vous en manquera.

Le talon tient, à condition de savoir le lacer

Onze tests signalent que le talon glisse, neuf trouvent le maintien bon.

Nike Vaporfly 4 vue de trois quarts arrière

Ce que raconte un testeur mérite d’être lu en entier : il a lacé, relacé, essayé le laçage en boucle au dernier œillet, mis des chaussettes plus épaisses, et son pied continuait de sortir du contrefort, la coque arrière qui tient le talon. À l’autre bout, un testeur explique que le problème apparaît uniquement quand il ne soigne pas son laçage, et disparaît dès qu’il serre correctement.

Entre les deux, un test met le doigt sur ce qui sépare les camps. Le contrefort, pris seul, est la partie la moins aboutie de la chaussure. Mais le pied ne sort jamais vraiment, parce que le médio-pied et l’avant-pied font le travail à sa place. Selon que vous regardez la pièce ou le résultat, vous répondez oui ou non à la même question.

La largeur de la plateforme joue le même tour. Neuf tests sur douze trouvent le médio-pied étroit, trois le trouvent large, et ces trois-là le comparent aux versions précédentes : la plateforme a bel et bien été élargie, elle reste étroite face au reste du marché.

Essayez-la avant de courir avec, et prévoyez cinq minutes pour trouver votre serrage. Chevilles instables, attaque franche du talon : les tests vous mettent en garde, et ils le font à la fois sur le maintien et sur la stabilité.

La mousse est à nu là où la gomme s’arrête

Dix tests condamnent la durabilité de la semelle. Sur une chaussure à 260 €, c’est un reproche lourd, et il se voit à l’œil nu.

Semelle extérieure de la Nike Vaporfly 4

La gomme couvre l’avant-pied et une partie du talon. Entre les deux, et sur presque toute la zone du médio-pied, il n’y a que du ZoomX exposé, cette mousse ultralégère qui n’a jamais été conçue pour frotter contre du bitume. C’est la raison pour laquelle les chiffres tombent aussi vite.

Un testeur voit la mousse du médio-pied entamée et la gomme de l’avant-pied presque traversée à 64 km. Un autre relève une usure au talon dès 48 km. Un troisième constate des entailles dans la mousse du talon à 32 km. Au banc d’abrasion, la fraise du laboratoire creuse la semelle sur 8,6 mm, une profondeur qu’il juge lui-même inquiétante, là où une chaussure d’entraînement réputée solide perd moins d’un millimètre au même essai. Il note aussi que la gomme du talon ne fait que 2,3 mm d’épaisseur.

Deux tests seulement voient un progrès. L’un pointe l’avant-pied, où la couverture en gomme a effectivement été renforcée. L’autre se contente de constater que la semelle tient mieux que celle de la Vaporfly 3, dont l’usure prématurée avait déjà fait parler.

Sur une paire réservée aux dossards, ce n’est pas rédhibitoire : une chaussure de compétition ne fait pas 800 km, et personne ne le lui demande. Cela le devient si vous comptiez y faire aussi vos séances de piste et vos tempos, ces sorties tenues à allure soutenue. Le calcul est à faire avant l’achat, pas après.

Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas

Elle est faite pour vous si vous courez plus vite que 4 min 30 au kilomètre, si vous êtes un coureur léger, si vos courses vont du 5 km au semi-marathon, et si vous attaquez de l’avant du pied. Sur ce profil, les tests qui se prononcent sur la foulée la placent presque tous du côté de l’avant-pied, et le drop abaissé à 6 mm ne fait qu’accentuer la chose.

Elle n’est pas faite pour vous si vous visez un marathon au-delà de trois heures, si vous attaquez franchement du talon, si vos chevilles demandent du soutien, ou si vous voulez une seule paire pour l’entraînement et la compétition. Sur la distance et sur la foulée, les tests sont massivement d’accord. Sur la polyvalence, ils sont nets. Sur les chevilles, la mise en garde vient d’une minorité de tests, mais elle est explicite.

Reste la question du pied. Quinze tests sur seize trouvent l’avant-pied étroit, et l’un d’eux précise qu’au-delà d’une largeur 2E, la mesure des pieds larges, la chaussure sera trop serrée. La pointure, elle, est fidèle pour presque tous les tests qui en parlent, et deux conseillent une demi-pointure de plus, surtout si votre avant-pied est un peu large.

Ce que Nike a fait avec cette quatrième version se résume à un choix, et il est assumé. La marque a renoncé à en faire la chaussure de tout le monde pour en refaire la chaussure la plus rapide de sa gamme sur les distances courtes. Les tests valident le résultat sur ce terrain précis. Ils vous préviennent partout ailleurs.

Le détail, dimension par dimension

Voir les 11 dimensions comptées, dont 5 qui font débat
  • 100

    Dynamisme / retour d'énergie

    29 pour · 0 contre · 1 sans avis tranché

  • 78

    Stabilité

    21 pour · 6 contre · 1 sans avis tranché

  • 91

    Confort général

    21 pour · 2 contre · 4 sans avis tranché

  • 45

    Maintien du talonavis partagés

    9 pour · 11 contre · 4 sans avis tranché

  • 33

    Polyvalence d'alluresavis partagés

    6 pour · 12 contre · 4 sans avis tranché

  • 47

    Quantité d'amortiavis partagés

    7 pour · 8 contre · 3 sans avis tranché

  • 93

    Respirabilité

    14 pour · 1 contre · 1 sans avis tranché

  • 92

    Accroche sur route

    12 pour · 1 contre · 2 sans avis tranché

  • 17

    Durabilité de la semelle externe

    2 pour · 10 contre · 2 sans avis tranché

  • 38

    Protection des articulationsavis partagés

    5 pour · 8 contre

  • 29

    Rapport qualité-prixavis partagés

    2 pour · 5 contre · 1 sans avis tranché

D’autres modèles à comparer

Nous avons lu 33 tests publiés sur cette chaussure et compté ce qu’ils en disent, dimension par dimension. Zéro paire offerte.

Notre méthode