L’essentiel, d’après 35 tests
Ce qui divise les testeurs
- Polyvalence d'allures20 pour, 7 contre
- Rapport qualité-prix7 pour, 3 contre
- Accroche hors route4 pour, 4 contre
Ce qui fait consensus
- Confort général35 sur 35
- Quantité d'amorti35 sur 35
- Dynamisme / retour d'énergie29 sur 30
- Respirabilité21 sur 22
- Protection des articulations21 sur 21
Le caractère de la chaussure
Ici, aucun des deux bouts n’a raison. Ce n’est pas une note, c’est ce vers quoi la chaussure penche, d’après 35 tests.
Poids ressenti
lourdléger32 testeurs sur 32 la placent côté léger
Fermeté de la mousse
moelleuxferme29 testeurs sur 29 la placent côté moelleux
Distance à laquelle la chaussure convient
courtes distanceslongues distances30 testeurs sur 32 la placent côté longues distances
Largeur à l'avant-pied
étroitlarge18 testeurs sur 24 la placent côté largepanel divisé
Géométrie du déroulé
platrocker prononcé15 testeurs sur 16 la placent côté rocker prononcé
Foulée à laquelle la chaussure convient
talonavant-pied12 testeurs sur 12 la placent côté talon
Largeur au médio-pied
étroitlarge5 testeurs sur 7 la placent côté largepanel divisé
La Triumph 24 garde le rôle que Saucony lui donne depuis des années : la chaussure d’entraînement neutre à gros amorti, celle des sorties longues et des semaines chargées. Ce qui change, c’est ce qu’il y a dessous. Une mousse neuve, l’incrediLUX, remplace le PWRRUN PB, la semelle monte, et la chaussure s’allège quand même : 247 g en taille 42 d’après la fiche, pour 42 mm de mousse au talon.
Le résultat se sent dès la première sortie : elle est plus douce, plus vive et plus légère que la Triumph 23. Mais cette douceur a une contrepartie, et c’est là que les testeurs commencent à se séparer : sur la stabilité, sur ce qu’elle accepte comme allure, sur le sol mouillé et sur la forme du pied.
Si vous attaquez du talon, que vous courez beaucoup à allure tranquille et que vous voulez une paire qui vous épargne les jambes sur les longues distances, elle a peu d’équivalents. Si vous pronez, si vous cherchez une chaussure de fractionné ou si vous courez sur des pavés sous la pluie, lisez la suite avant de payer 190 €.
Une nouvelle mousse, plus haute et plus légère
L’incrediLUX est une mousse ATPU, plus légère et plus souple que le PWRRUN PB qu’elle remplace. Saucony l’a montée sans plaque, et le drop reste à 10 mm.
La hauteur, d’abord. La fiche marchand annonce 42 mm au talon et 32 mm à l’avant, et plusieurs tests relèvent six millimètres de plus que sur la Triumph 23. Sur une chaussure de cette catégorie, on s’attendrait à ce que chaque millimètre se paie en grammes. C’est l’inverse : un test chiffre l’allègement à 33 g par rapport à la génération précédente. Sur le pied, aucun testeur ne la trouve lourde, trente-deux la trouvent légère.
Le déroulé, lui, ne suit pas la mode. La semelle bascule vers l’avant sans forcer, et la majorité des tests la décrivent comme arrondie. Mais un test, qui la fait courir à plusieurs, la voit plutôt comme une géométrie classique habillée d’une mousse moderne : un drop de 10 mm, un talon franc, pas de bascule marquée. Un autre regrette que le rocker ne soit pas plus engagé sous l’avant-pied, ce qui fait travailler un peu plus la cheville et le tendon d’Achille.
Pour vous, cela veut dire une chose simple. Vous retrouverez les sensations d’une Triumph, avec un talon épais et un drop classique, mais sous une mousse qui n’a plus grand-chose à voir avec l’ancienne.

Ce sur quoi personne ne revient
L’amorti d’abord, que personne ne prend en défaut, et le confort avec lui. C’est la raison d’être de la chaussure, et elle la remplit sans discussion. La protection des articulations suit le même chemin, sans une voix contre.
La mousse, elle, est moelleuse, et aucun des vingt-neuf testeurs qui tranchent ne la trouve ferme. Plusieurs tests prennent soin de préciser qu’elle n’est pas pâteuse pour autant : elle s’enfonce, puis elle rend. C’est ce qui la distingue d’un matelas.
Le talon tient, sans une critique. Et la distance ne fait pas débat : c’est une chaussure de sortie longue, de semi et de marathon avant d’être autre chose.
Si vous cherchez de l’amorti pour avaler des kilomètres, vous n’aurez pas à vous demander si elle en a assez.

Vive jusqu’à l’allure marathon, pas au-delà
Sur la polyvalence, les tests se séparent nettement : vingt la trouvent polyvalente, sept refusent le mot.
La ligne de partage est l’allure, et elle est plus précise qu’il n’y paraît.
Le camp du « oui » parle de footing, de sortie longue, de progressif, et d’allure marathon. Sur tout ce registre, la mousse rend assez pour que la chaussure ne s’endorme pas, et c’est ce qui surprend : une chaussure à gros amorti qui accepte qu’on hausse le rythme en fin de sortie. Le dynamisme ne prend d’ailleurs presque aucune critique.
Le camp du « non » parle d’autre chose. Les sept la déconseillent pour le fractionné, la piste, le tempo ou les séances de qualité : dès que l’allure devient une allure de séance, la chaussure ne suit plus. Plusieurs tests accusent un avant-pied trop tendre pour pousser franchement. Un test place la limite entre 4 min 15 et 4 min 30 au kilomètre : en dessous, la chaussure suit ; au-dessus, l’épaisseur de la semelle freine la relance.
Il y a une seconde ligne de partage, et c’est le point de comparaison. Face aux Triumph précédentes, le progrès saute aux yeux, et quatre tests la jugent plus polyvalente que les versions précédentes. Face aux chaussures d’entraînement plus nerveuses vendues au même prix, un test la trouve au contraire limitée. Les deux ont raison : elle est polyvalente pour une Triumph, pas pour une chaussure à 190 €.
Ce que ça change pour vous dépend de votre placard. Si vos séances rapides ont déjà leur paire, ce désaccord ne vous concerne pas : la Triumph 24 fera tout le reste, y compris vos sorties longues à allure spécifique. Si vous n’avez qu’une paire et que vous faites du fractionné avec, elle ne suivra pas.
Plus douce, donc moins stable que la Triumph 23
Sur la stabilité, la base ne marque pas de désaccord : quatre tests seulement la jugent instable, dix-huit la trouvent stable. Mais les réserves ne sont pas dispersées, elles disent toutes la même chose, et même dans le camp majoritaire on retrouve la même mise en garde.
La mousse est plus douce, et une mousse plus douce bouge davantage. Trois tests le disent explicitement : cette Triumph est moins stable que la précédente. L’un d’eux résume le changement mieux que les autres : les anciennes versions se rangeaient parmi les neutres stables, celle-ci est une vraie neutre. Un test situe le mouvement au talon, et le moment où il se sent : dans les virages serrés, sur les trottoirs en dévers et dans les derniers kilomètres, quand la fatigue dégrade la foulée.
Le reste du corpus ne contredit pas ce constat, il le relativise. La base est large, les bords de semelle remontent, et pour un coureur neutre la chaussure reste parfaitement sûre. Mais sept tests déconseillent la chaussure à ceux qui ont besoin d’être tenus, quel que soit leur verdict sur la stabilité. L’un d’eux raconte le réveil d’une douleur à la bandelette ilio-tibiale après un usage prolongé.
Ce que ça change pour vous est net. Si votre pied s’affaisse vers l’intérieur, ou si vous avez déjà eu besoin d’une chaussure de stabilité, passez votre chemin : la Hurricane est la version stable de la même gamme. Si votre foulée est neutre, la Triumph 24 vous portera sans histoire, et vous gagnerez en douceur ce que vous perdez en tenue.
Sur béton et pavés mouillés, la gomme glisse
L’accroche sur route est bonne, et trois tests seulement la critiquent. Mais toutes les critiques visent le même terrain : le sol mouillé.
Et même là, tout dépend du revêtement. Cinq tests signalent une gomme qui décroche sous la pluie, et quatre d’entre eux nomment précisément le problème : le béton lisse, la pierre et les pavés mouillés. L’un d’eux dit avoir dû ralentir pour garder le contrôle.
De l’autre côté, plusieurs testeurs ont couru sur route mouillée sans rien remarquer. Un test raconte une sortie de 21 km sous l’averse sans une glissade, même en accélérant. D’autres décrivent une adhérence solide sur bitume humide. La différence tient à la surface : un enrobé rugueux mouillé ne pose pas de problème, une surface lisse mouillée en pose.
La semelle mérite aussi un regard. La gomme XT-900 couvre les zones d’usure, et la durabilité ne prend que deux réserves. L’une d’elles porte sur la mousse laissée à nu au centre, qui devrait s’user plus vite que le caoutchouc.
Si vos parcours passent par des quais, des dalles ou des centres-villes pavés, et que vous courez toute l’année, gardez-le en tête les jours de pluie. Sur route goudronnée, la question ne se pose pas.

Large aux métatarses, effilée à la pointe
Sur la largeur de l’avant-pied, dix-huit testeurs la trouvent large, six la trouvent étroite. Et parfois dans le même test.
La contradiction tient à la zone regardée. Au niveau des métatarses, là où le pied s’étale à l’appui, la chaussure est spacieuse, et une boutique qui la vend assure même que Saucony a corrigé l’étroitesse des versions précédentes. Mais la pointe s’effile, et c’est elle que décrivent ceux qui la trouvent étroite : une pointe qui se rétrécit vers le gros orteil, et un volume bas au-dessus des doigts de pied.
Les deux camps se rejoignent sur un point : ce sont les pieds larges qui le sentent. Les pieds fins, eux, auraient plutôt à resserrer le laçage, comme le conseille un test.
Si vous avez l’avant-pied large ou les orteils forts, essayez-la avant de l’acheter, ou visez directement la version Wide, que Saucony propose sur ce modèle. Si votre pied est standard, vous ne remarquerez rien d’autre qu’un chaussant confortable.
Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas
Sur la foulée, les tests ne laissent aucun doute : tous ceux qui se prononcent la destinent à l’attaque talon. Le talon épais, le drop de 10 mm et la mousse qui absorbe à l’arrière sont faits pour ça.
Elle est donc pour vous si vous posez l’arrière du pied, si vous courez beaucoup à allure d’endurance, si vous préparez un semi ou un marathon en cherchant le confort plutôt que le chrono, ou si vous voulez une paire qui ménage vos articulations sur des semaines chargées. Elle fait aussi une bonne chaussure de récupération, et les quelques tests qui l’ont portée pour marcher ou rester debout n’y trouvent rien à redire.
Elle n’est pas pour vous si vous pronez, si vous cherchez une paire unique pour le fractionné, ou si vous avez le pied large sans vouloir de version Wide. Elle ne l’est pas non plus sur les chemins : sur l’accroche hors route, les tests se partagent à parts égales, et même ceux qui la défendent parlent de chemins légers et roulants.
Un détail pour les coureurs d’été : l’empeigne respire bien, mais deux tests la trouvent juste par forte chaleur.
Reste le prix. Les tests qui l’abordent la défendent plus souvent qu’ils ne la condamnent, mais la ligne de partage est ailleurs que dans la chaussure. Ceux qui la jugent chère la comparent aux chaussures d’entraînement classiques, et à ce tarif elle en coûte davantage. Ceux qui la défendent la comparent aux chaussures d’entraînement haut de gamme, dont elle rejoint le niveau de mousse, et mettent en avant sa durée de vie. À 190 €, le calcul dépend de ce que vous lui demandez : pour vos sorties longues et votre volume, elle se justifie ; pour une paire qui doit tout faire, vous payez une polyvalence qu’elle n’a pas.
Le détail, dimension par dimension
Voir les 13 dimensions comptées, dont 3 qui font débat
- 100
Confort général
35 positifs · 0 négatifs · sur 35 tests
- 100
Quantité d'amorti
35 positifs · 0 négatifs · sur 35 tests
- 97
Dynamisme / retour d'énergie
29 positifs · 1 négatifs · sur 32 tests
- 74
Polyvalence d'allurespanel divisé
20 positifs · 7 négatifs · sur 31 tests
- 82
Stabilité
18 positifs · 4 négatifs · sur 26 tests
- 95
Respirabilité
21 positifs · 1 négatifs · sur 24 tests
- 100
Protection des articulations
21 positifs · 0 négatifs · sur 21 tests
- 83
Accroche sur route
15 positifs · 3 négatifs · sur 19 tests
- 88
Durabilité de la semelle externe
15 positifs · 2 négatifs · sur 17 tests
- 100
Maintien du talon
17 positifs · 0 négatifs · sur 17 tests
- 70
Rapport qualité-prixpanel divisé
7 positifs · 3 négatifs · sur 13 tests
- 100
Aptitude à la marche
9 positifs · 0 négatifs · sur 11 tests
- 50
Accroche hors routepanel divisé
4 positifs · 4 négatifs · sur 9 tests
D’autres modèles à comparer
Nous ne testons pas la chaussure. Nous avons lu 35 tests publiés et compté ce qu’ils en disent, dimension par dimension.
Notre méthode



