L’essentiel, d’après 61 tests
Sur chaque point, nous comptons les testeurs qui en disent du bien et ceux qui en disent du mal. Ceux qui en parlent sans trancher ne pèsent d’aucun côté.
Ce qui divise les testeurs
- Quantité d'amorti28 pour, 12 contre
- Rapport qualité-prix14 pour, 10 contre
- Accroche hors route5 pour, 3 contre
Ce qui fait consensus
- Dynamisme / retour d'énergie56 pour, 2 contre
- Polyvalence d'allures57 pour, 1 contre
- Confort général50 pour, 1 contre
- Stabilité43 pour, 2 contre
- Respirabilité47 pour, 0 contre
Le caractère de la chaussure
Ces curseurs ne sont pas des notes : aucun des deux côtés n’est meilleur que l’autre. Ils montrent de quel côté la chaussure penche, selon les testeurs qui en parlent.
Poids ressenti
lourdléger48 testeurs sur 51 la placent côté léger
Fermeté de la mousse
moelleuxferme21 testeurs sur 35 la placent côté fermeavis partagés
Distance à laquelle la chaussure convient
courtes distanceslongues distances26 testeurs sur 36 la placent côté longues distancesavis partagés
Largeur à l'avant-pied
étroitlarge25 testeurs sur 31 la placent côté large
Géométrie du déroulé
platrocker prononcé19 testeurs sur 23 la placent côté rocker prononcé
Largeur au médio-pied
étroitlarge7 testeurs sur 10 la placent côté étroitavis partagés
Foulée à laquelle la chaussure convient
talonavant-pied4 testeurs sur 6 la placent côté talonavis partagés
L’Endorphin Speed 5 garde la place que Saucony lui donne depuis la première version : la chaussure d’entraînement à plaque (une lame rigide noyée dans la mousse, qui aide à la poussée), assez vive pour le fractionné, ces séances d’intervalles rapides, assez confortable pour durer. La mousse et les hauteurs ne bougent pas, la plaque en nylon devient plus souple, la tige est neuve et la semelle prend un peu plus de gomme.
Le résultat est une Speed plus sage. Elle reste vive, légère, à l’aise à presque toutes les allures, et c’est ce qu’on lui reconnaît partout. Les testeurs se séparent ailleurs : sur la fermeté de la mousse, sur la distance qu’elle accepte, sur la forme de son chaussant et sur la tenue de sa semelle hors du bitume.
Si vous cherchez une seule paire pour vos séances, vos sorties à allure soutenue et une course jusqu’au semi, elle fait ce travail mieux que la plupart. Si vous voulez préparer un marathon avec, si votre pied est large au milieu ou si vous courez souvent sur les chemins, lisez la suite avant de payer 200 €.
Une tige neuve, une plaque plus souple, la même mousse
Sous le pied, rien n’a changé en apparence. La fiche annonce 36 mm au talon, 28 mm à l’avant, soit un drop (l’écart de hauteur entre talon et avant-pied) de 8 mm, une plaque en nylon, plus souple que le carbone des chaussures de compétition, et la même mousse PWRRUN PB que la Speed 4, une mousse à base de PEBA, légère et rebondissante. Le poids annoncé est de 235 g ; les tests qui pèsent la chaussure trouvent entre 241 et 254 g selon la pointure.
Ce qui change se joue dans la plaque. Quatre tests la décrivent plus flexible que sur la Speed 4, et l’un en tire la conséquence logique : un rocker, la courbure de la semelle qui fait basculer le pied vers l’avant, moins marqué à l’avant-pied. Un labo va plus loin et le voit s’aplatir sous une charge forte, ce qui rend la poussée moins facile que ne le laisse croire la forme de la semelle.
Au-dessus, la tige passe à un mesh plus ouvert, et quatre tests la trouvent plus aérée que celle de la génération précédente. Le contrefort, la coque rigide qui tient le talon, a été redessiné, et la gomme couvre davantage la semelle, surtout à l’arrière.
Cinq tests y voient une chaussure plus stable que la Speed 4. Trois préfèrent pourtant la Speed 4, plus nerveuse, et l’un résume ce qu’ils perdent : la 4 était une chaussure de vitesse, la 5 se rapproche d’une chaussure d’entraînement quotidien.
Si vous aimiez la Speed 4 pour son côté joueur, la 5 vous paraîtra plus posée ; si elle vous fatiguait sur la durée, c’est exactement ce que vous attendiez.

Vive, polyvalente, stable : l’accord est presque total
Le dynamisme d’abord, que deux tests seulement mettent en doute. Parmi ceux qui regrettent la Speed 4, la plupart la trouvent vive malgré tout. La polyvalence suit : une seule voix la juge limitée. Elle passe du footing au seuil, cette allure soutenue qu’on tient environ une heure, du seuil au fractionné, sans qu’on ait l’impression de forcer sa nature. Un test situe sa zone idéale entre 4 min et 4 min 30 au kilomètre, et juge qu’entre 3 min et 3 min 30 le compromis ne suffit plus.
La respirabilité ne prend aucune critique, ce qui n’étonne pas avec la nouvelle tige. Le confort, une seule.
La stabilité tient aussi, et c’est moins évident qu’il n’y paraît pour une chaussure à plaque de cette hauteur. La base est large, le talon bien tenu, et les deux réserves visent l’une le soutien du talon, l’autre la torsion du médio-pied, le milieu du pied, devenue plus facile avec la plaque assouplie. Sur le maintien du talon, les deux voix contraires décrivent un talon qui glisse ou un col un peu large pour une cheville fine.
L’accroche sur route, enfin, ne prend qu’une critique franche. On y revient plus bas, parce que le mouillé nuance ce tableau.

Vous cherchez une chaussure vive, légère et facile à vivre pour vos séances ? Sur ce terrain, elle ne vous décevra pas.
Ferme face aux super-chaussures, souple face aux chaussures d’entraînement
C’est le désaccord le plus net : vingt et un testeurs la trouvent ferme, quatorze la trouvent moelleuse.
Les deux camps ne la comparent pas à la même chose. Ceux qui la trouvent ferme la mettent face aux mousses les plus modernes, celles des super-chaussures (les chaussures de compétition à plaque carbone et mousse très souple) et des chaussures d’entraînement à grosse semelle. Un test la juge plus ferme que les mousses haut de gamme d’Asics, d’Adidas et de Brooks, un autre prévient qu’il ne faut pas y chercher l’effet coussin des super-chaussures récentes. Les deux labos la rangent du même côté, et l’un mesure une dureté de 44,5 au duromètre, une valeur qu’il classe lui-même du côté des mousses fermes.
Ceux qui la trouvent moelleuse la comparent à des chaussures de vitesse. Un test la trouve même un peu trop douce pour qui cherche une vraie chaussure de séance ou de compétition, un autre plus moelleuse que la moyenne malgré la plaque. Face à une chaussure de course, elle est tendre. Face à une chaussure d’entraînement récente, elle est sèche.
La comparaison avec la Speed 4 ne règle rien, au contraire. Huit tests la trouvent plus douce que la précédente, cinq la trouvent plus ferme, et un la juge identique. Avec la même mousse et les mêmes hauteurs, seule la plaque a changé. Plus souple, elle laisse l’avant-pied fléchir davantage, et un test l’explique ainsi : l’avant paraît plus tendre. Un autre ressent l’inverse, une chaussure plus proche du sol, plus ferme à la réception.
L’allure recoupe tout cela. Six tests la trouvent moins agréable au footing lent, et l’un l’attribue directement à sa fermeté. Quand on accélère, la mousse se comprime davantage et la chaussure se réveille.
Tout dépend donc de ce que vous chaussez aujourd’hui. En venant d’une chaussure épaisse et très moelleuse, vous trouverez la Speed 5 ferme, surtout en récupération. En venant d’une chaussure de compétition ou d’une chaussure d’entraînement classique, vous la trouverez confortable.
Le semi lui va, au-delà ce sont vos jambes qui décident
L’amorti fait débat aussi, et dans les mêmes termes : vingt-huit tests le jugent suffisant, douze le trouvent un peu court. Sur la distance qu’elle accepte, la répartition est la même : vingt-six testeurs la voient capable d’aller loin, dix la cantonnent aux courses plus courtes.
Les douze ne disent pas qu’elle manque d’amorti en soi. Ils la comparent aux chaussures de sa catégorie, qui ont pris de la hauteur. Trois d’entre eux la mettent nommément face à des chaussures d’entraînement à plaque de 42 à 44 mm au talon, là où la Speed 5 en garde 36. Quatre visent précisément l’avant-pied et ses 28 mm, qu’ils trouvent justes sur la durée.
La limite tombe quelque part entre le semi et le marathon. Un testeur n’a rien senti jusqu’à 20 km, mais a regretté quelques millimètres de plus sur ses sorties de 30 km. Un autre la trouve trop sèche pour un marathon complet. Trois tests placent clairement la limite au semi-marathon pour une course.
Dans l’autre camp, un testeur a dépassé 30 km sans souci, un autre a couru 25 km sans fatigue prématurée. Un test la juge adaptée à un marathon autour de quatre heures, pour qui ne veut pas de la rigidité d’une plaque carbone.
Deux choses départagent ces témoignages. Le poids du coureur d’abord : deux tests préviennent que les coureurs plus lourds auront besoin de plus de mousse. Et le type de source ensuite. Onze des vingt-six voix qui l’envoient loin sont des boutiques en ligne ; il n’y en a aucune parmi les dix qui fixent une limite. Les réserves viennent toutes de médias et d’un labo qui l’ont courue.
Pour un 10 km ou un semi, en course comme à l’entraînement, elle ne vous lâchera pas. Pour un marathon, elle convient si vous êtes léger, à l’aise sur une semelle ferme, ou si vous ne courez pas pour le chrono ; sinon, une chaussure plus haute vous épargnera les dix derniers kilomètres.
Large à l’avant, serré au milieu
Sur l’avant-pied, la majorité tranche nettement : vingt-cinq testeurs le trouvent large, six le trouvent étroit. Cinq tests notent qu’il a gagné de la place depuis la Speed 4, qui avait la réputation d’être serrée.
Au médio-pied, c’est l’inverse : sept testeurs le trouvent serré, trois seulement le trouvent large. Les deux mesures ne se contredisent pas. Les testeurs regardent deux zones différentes, et décrivent la même forme : de la place pour les orteils, un milieu de pied tenu court, presque comme une chaussure de course. Un test signale des points de frottement possibles sur les sorties longues pour un pied large.
Le labo qui mesure la largeur de l’avant-pied ajoute une surprise : il la trouve plus étroite que celle de la Speed 4, de trois millimètres. La mesure contredit la sensation : raison de plus pour l’essayer.
La pointure, elle, ne pose pas de problème : prenez votre taille habituelle. Trois tests conseillent une demi-pointure de plus, surtout si votre pied est large.
Si vous avez un pied fin ou moyen, le chaussant vous tiendra bien sans vous serrer. S’il est large au milieu, essayez-la avant : un test signale qu’il n’existe pas de version large, et la demi-pointure de plus ne règle que la longueur.
La gomme tient sur la route, la mousse à nu craint les chemins
La durabilité de la semelle fait plutôt consensus, et la gomme ajoutée y est pour beaucoup. Mais elle ne couvre pas tout. Entre les patins, la mousse reste à nu, et les quatre critiques visent elle ou l’avant-pied.
Un test relève de l’usure sur la mousse exposée après 72 km, un autre une gomme plus tendre qui accroche mieux et s’use plus vite. Le plus sévère vise l’avant-pied côté intérieur, qu’il use très vite, et précise que le problème touche surtout les coureurs lourds.

Hors du bitume, le partage suit la même logique. Les chemins stabilisés passent bien, et quatre testeurs l’ont emmenée sur de la terre ou du gravier fin sans difficulté. Mais sur le gravier plus grossier, la mousse exposée se fait entamer, et un test la réserve à la route et à la piste pour cette raison.
Sur route mouillée, l’accroche reste bonne, avec une nuance : cinq tests émettent une réserve, sur l’avant-pied ou le médio-pied quand la chaussée est glissante, ou dans les virages rapides sous la pluie.
Sur route et sur piste, cette semelle vous suivra sans surprise. Vos sorties passent souvent par des chemins caillouteux ? La mousse exposée s’usera avant le reste, et une chaussure à semelle plus couverte sera plus raisonnable.
Pour qui elle est faite, et pour qui elle ne l’est pas
L’Endorphin Speed 5 est faite pour vous si vous voulez une chaussure de séance qui sache aussi faire le reste. Pour le fractionné, le seuil, les sorties à allure soutenue, et pour courir un 10 km ou un semi le jour J sans passer au carbone. Pour un pied fin ou moyen, et un coureur qui aime sentir le sol plutôt que s’enfoncer.
Elle n’est pas faite pour vous si vous cherchez une chaussure de récupération moelleuse, si vous préparez un marathon en visant le chrono, ou si vous avez un pied large au médio-pied. Ni si vous aimiez la Speed 4 pour son côté joueur : la 5 est plus posée.
À 200 €, elle se place au prix des chaussures d’entraînement à plaque, sans carbone, et les avis sur ce point se partagent. Ceux qui la comparent à une chaussure d’entraînement classique la trouvent chère ; ceux qui la comparent à une super-chaussure la trouvent abordable pour ce qu’elle fait. Si elle remplace deux paires dans votre placard, le calcul lui est favorable.
Le détail, dimension par dimension
Voir les 12 dimensions comptées, dont 3 qui font débat
- 97
Dynamisme / retour d'énergie
56 pour · 2 contre · 2 sans avis tranché
- 98
Polyvalence d'allures
57 pour · 1 contre
- 98
Confort général
50 pour · 1 contre · 6 sans avis tranché
- 96
Stabilité
43 pour · 2 contre · 2 sans avis tranché
- 100
Respirabilité
47 pour · 0 contre
- 70
Quantité d'amortiavis partagés
28 pour · 12 contre · 3 sans avis tranché
- 89
Durabilité de la semelle externe
31 pour · 4 contre · 1 sans avis tranché
- 94
Maintien du talon
30 pour · 2 contre
- 58
Rapport qualité-prixavis partagés
14 pour · 10 contre · 5 sans avis tranché
- 96
Accroche sur route
25 pour · 1 contre · 3 sans avis tranché
- 85
Protection des articulations
17 pour · 3 contre
- 63
Accroche hors routeavis partagés
5 pour · 3 contre · 1 sans avis tranché
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